J’ai décidé d’en finir avec les bidouillages concernant mes sauvegardes. Entre le jonglage avec différents disques USB et les hésitations quant au choix des sauvegardes en ligne, mon système était devenu une véritable usine à gaz. L’article de Jean-François Vincent sur sa propre stratégie de sauvegarde m’a ouvert les yeux et décidé à passer à quelque chose de plus sérieux et surtout plus simple. J’ai donc fait l’acquisition d’un système de stockage en réseau (NAS) comme point centralisateur de mon système, un Synology modèle DS214+. Avant de détailler le fonctionnement global de mon architecture dans une deuxième partie, voici quelques mots sur le DS214+.

Le DS214+ est un modèle à deux baies dans lequel j’ai installé deux disques de 3To Western Digital Red. J’ai commandé le tout chez LDLC, que je dois citer au passage pour son service rapide et efficace. Je ne vais pas rentrer dans le détail des caractéristiques de ce modèle (le site de Synology le décrit parfaitement) mais simplement me contenter de quelques commentaires.

DS214+

C’est un boîtier tout en métal, relativement compact qui respire la qualité. Il propose deux connecteurs LAN, deux ports USB3, un port USB2 et eSATA en façade avec possibilité de copie des disques connectés directement depuis le panneau du NAS (sans passer par le modèle d’administration). Côté bruit, seuls les accès disques sont audibles mais de manière très atténuée. Le système est livré avec câbles Ethernet, par contre la documentation est inexistante : ni manuel, ni CD d’installation (de toute façon je n’ai plus de lecteur sur mon MacBook Air), tout se fait via le web.

Avec ses systèmes NAS et leur logiciel d’exploitation DiskStation Manager 5.0 (DSM5), Synology se positionne désormais à mi-chemin entre la solution traditionnelle de gestion de stockage et serveur (Web, mail, serveur d’application…). Ne recherchant qu’une solution de stockage, je ne pourrai juger de la partie serveur pour laquelle il faudrait vérifier que ce n’est pas un simple argument marketing. Il faudrait en particulier contrôler la puissance disponible et pour cela l’expérience d’autres utilisateurs peut être intéressante. Ces informations doivent se trouver facilement sur le net, la communauté des utilisateurs de NAS Synology étant très large et active.

Pas forcément un as de la technique informatique, j’ai longtemps hésité à passer à une solution de serveur de stockage en réseau, angoissé par les réglages et configurations diverses que cela allait nécessiter. Avec le Synology je dois avouer que tout s’est déroulé sans problème à chacune des étapes de la configuration : installation des disques simplissime (même pas besoin de tournevis), connexion au réseau, installation du logiciel et premiers paramétrages.

Toute la configuration et la gestion s’effectuent avec le logiciel DSM5 accessible via un navigateur. J’ai cru comprendre que les versions précédentes étaient très critiquées pour leur ergonomie. Avec cette version 5, je dois dire que Synology propose une interface vraiment bien pensée et agréable à utiliser.

DSM5-Synology

Pour mes besoins, je n’ai pas rencontré de problème particulier pour la configuration, l’aide en ligne très bien faite et les nombreuses ressources disponibles sur le site de Synology ou ailleurs sont là au cas où :

  • Gestion des disques, formatage, partitionnement. J’ai utilisé le système par défaut Synology Hybrid Raid qui correspond à du RAID1 lorsque l’on a deux disques. Je dispose donc de 3To utilisables.
  • Configuration des utilisateurs (nous sommes deux à nous connecter).
  • Gestion des dossiers racines (appelés dossiers partagés), attribution des permissions de chaque utilisateur.
  • Configuration pour permettre les sauvegardes des Mac via Time Machine. A noter qu’il y a une configuration particulière des dossiers et des utilisateurs pour permettre de sauvegarder plusieurs Mac sur le même NAS. Demandez-moi si besoin.
  • Gestion des sauvegardes du NAS sur un disque externe. Il est possible de planifier des sauvegardes de tout ou partie du NAS vers un disque USB ou eSATA.
  • Configuration réseau. Pour cette partie, mes limites techniques ont été atteintes et je n’ai pas réussi à configurer l’accès depuis l’extérieur en passant au travers du routeur de ma Livebox…trop compliqué pour moi. Cependant, DMS5 propose un utilitaire QuickConnect qui se charge de créer un tunnel automatiquement. En quelques clics tout fonctionnait, je peux accéder à ma console de gestion depuis n’importe où. A noter également qu’il existe des applications pour iOS, Androïd et Windows Phone pour accéder aux différentes fonctions du NAS à distance.

Pour le moment, je n’ai utilisé que des fonctions basiques mais il faut savoir que DSM5 propose un système de modules complémentaires appelés paquets qui permettent d’étendre les fonctionnalités. En vrac, ces modules couvrent les besoins de gestion multimédia (diffusion de vidéo, iTunes partagé, galeries photos en ligne pour partager ses images avec gestion d’accès), synchronisation avec le cloud (Dropbox par exemple), création de cloud privé, sauvegarde en ligne (vers Amazon Glacier ou S3 par exemple), télésurveillance (en connectant des caméras au système), serveurs d’application (Java, CMS, mail, e-commerce, etc.)…Le catalogue est déjà bien fourni, en espérant qu’il grossisse assez vite pour proposer d’autres fonctions.

Pour finir, je dois mentionner quelques difficultés que j’ai rencontrées dans la mise en place de ma configuration, difficultés qui ne sont pas imputables au système Synology en lui-même :

  • Time Machine : après plusieurs jours, les 200Go de mon MBA n’étaient toujours pas totalement transférées sur le DS214+. Il faut dire que j’y accède en wifi, et après quelques recherches, j’ai eu confirmation que Time Machine était un véritable escargot pour les sauvegardes en wifi. Il est conseillé (y compris par Apple), d’effectuer la première sauvegarde TM en connectant le Mac au NAS via Ethernet pour disposer d’un meilleur débit. En effet, en quelques heures la sauvegarde initiale était terminée. Tout fonctionne maintenant parfaitement pour les sauvegardes additionnelles en wifi.
  • Office 2011 Mac : un bug connu mais jamais corrigé par Microsoft empêche de voir ou d’accéder aux fichiers sur le NAS depuis les applications Office. Il semble qu’il y ait un problème d’accès aux lecteurs partagés en réseau (donc pas spécifique à Synology). C’est très aléatoire et différentes solutions de contournement ont été proposées sur le net, avec des résultats variables selon les cas (par exemple connecter le lecteur réseau en cifs/ et non afp/). C’est à priori réglé pour moi : au début Office ne voyait pas les dossiers du NAS car ils étaient vides, il a suffit de créer un premier fichier pour régler le problème. N’utilisant pas le NAS pour enregistrer directement depuis Office, ce problème est peu gênant pour moi mais c’est un point à savoir.

Après une dizaine de jours d’utilisation du système, je dois dire que j’en suis pleinement satisfait que ce soit pour son paramétrage, sa gestion ou son utilisation au quotidien. C’est autour de ce système que j’ai construit ma stratégie de sauvegarde. Je vous détaillerai cela dans une deuxième partie, avec un (joli?) schéma et toutes les explications qui vont avec.

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