Ma bibliothèque lightroom est pleine de bonnes photos. Des photos bien meilleures que toutes celles que vous avez pu voir dans mes galeries. Vous vous dites que je suis vaniteux, prétentieux, vantard, mythomane, hâbleur, matamore voire bonisseur ? Vous ne demandez qu’à voir ? En réalité si vous n’avez jamais vu ces photos c’est qu’il y a une bonne raison : elles sont ratées. Oui, mes meilleurs photos sont celles que j’ai ratées.

Je suis certain qu’en parcourant vos photos à l’issue d’une sortie vous avez dit au moins une fois : “Ah c’est dommage, si j’avais cadré plus à gauche cette photo aurait été géniale, c’était une super photo sinon”. Votre photo tellement bonne si elle n’avait pas été ratée vous donne un sentiment mitigé de déception d’avoir manqué quelque chose mais aussi de satisfaction d’être passé tout prêt. Si on considère qu’une ou deux photos sur cent sont suffisemment bonnes pour être montrées, parmi les 99% restant il y en a souvent la moitié qui sont plus ou moins “presque réussies”, l’autre moitié étant des ratages complets.

Depuis que la mouche de la photo de rue m’a piquée, je dois dire que je collectionne cest photos presque réussies – et donc carrément inutilisables. Il faut dire que la photo sur le vif rassemble toutes les conditions pour qu’un petit grain de sable ruine votre image. Des mini-catastrophes multiples qui peuvent de surcroit se combiner :

  • le mauvais cadrage : le sujet est en mouvement, vous cadrez trop vite ou trop tard.
  • les réglages inadaptés : vous avez oublié ou pas eu le temps de modifier vos réglages pour vous adapter aux nouvelles conditions de prise de vue : sur ou sous-exposition, vitesse trop lente, ISO inadapté, flash (des)activé… Pour cette raison je ne conseillerai jamais assez l’utilisation des automatismes en photo de rue : ISO auto, mode P ou AV.
  • le flou : c’est pour moi la principale cause de ratés. J’avoue ne pas avoir encore trouvé la meilleure façon d’exploiter mon X100 et son AF de compact. Mes différents essais en focus manuel (il faut de l’entraînement) ou en zone focusing (pas envie de photographier à f/16) ne m’ont pas convaincu. Je cherche encore la solution, y compris la possibilité de reprendre mon reflex à la place du X100 mais le côté agressif du reflex risque de me freiner encore plus dans mon élan déjà bien entamé par ma nature réservée.
  • le mauvais matériel : ça peut arriver mais c’est souvent une excuse facile, d’autant plus que c’est quand même vous qui l’avez choisi ?!
  • le fond est moche : vous avez le sujet en or mais le fond est moche ; Impossible de faire autrement si vous voulez faire un portrait sur le vif, c’est la faute à pas de chance.
  • le sujet fait une drôle de tête : la surprise de la photo sur le vif peut donner des expressions très intéressantes mais parfois aussi de vilaines grimaces, hélas.

Parfois la chance est de votre côté. Une photo ratée donne quelque chose d’agréable à regarder et l’image que vous vouliez prendre peut se transformer en une autre. Un exemple avec cette image :

Pour toutes les autres, vous pouvez en tirer beaucoup : vos erreurs doivent vous servir à progresser, à trouver des parades aux aléas que vous avez rencontrés.
Comme le dit David Duchemin ce qui compte est l’Intention du photographe. Selon cet adage on pourrait considérer que mes photos sont de bonnes photos, mon oeil photographique ayant capté la bonne intention. Mon oeil oui. Mon appareil non. Et une intention photographique qui ne reste que dans l’oeil du photographe mais ne se voit pas sur l’image finale est une intention vaine. Mes photos sont ratées, elles ne méritaient même pas leur quart d’heure de gloire dans cet article. Je n’ai donc plus qu’une solution : tenter à nouveau, tenter de faire plus, tenter de faire mieux.

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