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Après l’impression d’une image… voici le résultat.

Dix jours se sont écoulés depuis la prise de vue. C’est le temps qui m’est nécessaire pour m’intéresser à nouveau à ce qu’il y a sur mes cartes mémoires. C’est aussi le temps nécessaire pour que l’euphorie du moment soit évanouie, seul le résultat comptera, en toute objectivité.

Ce jour-là il faisait très beau, une des premières journées ensoleillées au sortir de l’hiver. La balade était agréable et voir ses graffers au travail sur un immense mur était un spectacle intéressant. Il y a avait à la fois la beauté du lieu et de la scène, mélangés avec mon humeur positive. Au moment de déclencher, le second graffer est entré dans le champ. J’ai alors eu l’impression d’avoir sur l’image quelque chose de dynamique qui allait apporter un plus à la photographie statique du premier en train de bomber. L’impression d’une image.

Hélas, rien de tout cela n’est ressorti sur la photo. Le cadrage est un peu serré (je n’arrive toujours pas à maîtriser le recul nécessaire avec le 50mm après deux ans de photographie au X100), les couleurs sont intéressantes mais le sujet est assez plat. Bref, l’impression s’est transformée en une photo très banale et c’est bien pour tenir ma promesse que je vous montre cette photo, car sans cette promesse, elle serait restée sur mon disque dur.

Tout cela montre à quel point les conditions de la prise de vue peuvent influencer notre appréciation. On confond souvent le moment, l’instant où l’on photographie et la photo elle-même. J’ai pris une autre image à cet endroit, un peu négligemment, comme ça. C’est un plan plus large que je préfère maintenant mais que je n’avais pas anticipé.

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La force des bons photographes est de réussir à transcrire dans leur image l’ambiance, leur état d’esprit. Au moment de la prise de vue ils intègrent tous ces éléments de façon intentionnelle. Ils ne comptent pas seulement sur le hasard – comme je l’ai fait ici – pour qu’une image sorte d’une série, ils la fabriquent.

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