Un imposteur au musée

Vous êtes déjà allés visiter un musée avec votre appareil photo ? Oui forcément, comme moi vous avez toujours de quoi photographier sur vous. N’avez-vous pas ressenti un léger sentiment d’imposture ? Euh, c’est à dire ? Je m’explique. Il y a quelques jours je visite les collections permanentes du Centre Pompidou que je n’avais pas fréquenté depuis un bon moment. Mon X100 dans ma poche, je ne peux m’empêcher de le sortir pour photographier ce que je vois. Et ce que je vois, ce sont des oeuvres d’art. Clic-clac la compression de César, clic-clac les sculptures d’Arman, clic-clac les tableaux de Soulages, clic-clac, clic-clac… Ma frénésie du déclencheur me fait quand même poser quelques questions.

Fait-on vraiment de la photo lorsque l’on photographie une oeuvre d’art ? Ou plus précisément, peut-on trouver une valeur artistique à une photographie représentant elle-même un objet artistique ? Car en photographiant une oeuvre d’art, le sujet est l’objet prédominant de la photographie et sa valeur artistique est à 90% héritée de la valeur artistique du sujet. C’est l’éternel questionnement du photographe : ma photographie est-elle belle parce que le sujet est beau ou bien mon travail photographique participe-t-il à la valeur artistique de ma photo ? Je n’ai pas vraiment de réponse à cela. La valeur artistique d’une photo dépend aussi de la sensibilité de celui qui la regarde ou qui la juge. Si vous aimez une photographie de paysage, il se peut que ce soit uniquement parce que le paysage est joli mais votre sensibilité artistique peut aussi être touchée par la lumière, la composition, les couleurs. C’est aussi vrai avec la plupart des types de photographie figurative : le portrait, l’architecture, la photo animalière, etc.

En photographiant ces oeuvres d’art j’ai eu l’impression d’être un imposteur : faire croire que mes photographies étaient artistiques alors que ce sont leurs sujets qui sont artistiques. J’ai essayé de corriger ce sentiment en mettant en scène les oeuvres dans mes photos, histoire d’ajouter un peu de ma modeste patte de photographe. Voici ces quelques unes de mes tentatives (plus deux images de la terrasse, il faut dire que la vue est une des plus belles de Paris).

 

10 réponses sur « Un imposteur au musée »

Très sympatique série j’aime particulièrement la 3ème. Effectivement grand dilemme de savoir si on est un imposteur ou pas quand on prend une oeuvre d’art mais je ne pense pas en photo quelques soit le sujet je pense qu’il y a une part artistique et « le coup de patte » du photographe dans toute photo. Si l’on prend des friches industrielles ce sont des équipements a l’abandon mais c’est l’oeil du photographe qui le rends beau.

J’apprécie particulièrement dans cette série les photos qui mettent en scène les oeuvres d’art avec ceux qui les regardent…Et il n’y a sûrement pas d’imposture… puisqu’il y a bien une intention dans la photo, bien différente d’une simple copie de l’oeuvre….

je ne penses pas que c’est une imposture, mais plutôt le témoignage de l’ouvre d’un autre au travers de ton regard. Tu ne copies ni dégrade l’oeuvre de quelqu’un mais tu prolonge la visibilité de son art par le biais de tes images.

la plupart des gens savent faire la différence entre le sujet et la photo, et si ils trouvent la photo belle, a doit de te poser la question si le sujet est beau en lui même, ou si tu as su le mettre en valeur (ce qui s’applique à n’importe quelle photo tu me diras).

En tout cas c’est bien de se remettre en questions !

Bonjour,
La photographie d’une oeuvre d’art est le reflet de ta perception. Je photographie une oeuvre parce qu’elle provoque en moi de l’émotion. Je peux photographier une partie ou l’élément dans son environnement, j’apporte donc ma part de sensibilité, mon approche de l’oeuvre.
Encore faut-il pouvoir photographier dans un musée … A Clermont-ferrand, musée Bargoin, un agent d’accueil (pas tous) vous rappelle « à l’ordre » et vous interdit la prise de vue sauf « en plan large » (sic). Ce jour-là, je me suis contenté de photographier le règlement intérieur pour faire face à une extrapolation abusive de ce document. Besoin d’humour, j’étais tombé sur une « pierre carrée »..
Dans cette même ville, il est possible de photographier dans tous les autres lieux culturel (allez au centre photographique, il vaut le détour).
J’ai le X100 depuis une semaine. Avec lui, je revois ma façon de photographier. Comme tu l’écris, cela change du reflex (pour moi un Nikon D700). Avec ce X100, je retrouve les heures partagées avec un leica M6. Que du bonheur.
Bravo pour ton site, clair, simple et puissant !

Merci Corneille pour ton avis et tes encouragements.
C’est amusant que tu parles de cette interdiction aujourd’hui car j’y ai eu droit pas plus tard que ce weekend.
Je me suis vu refuser le droit de photographier au musée de la Marine à Paris pour l’exposition « Phares » sans qu’on m’explique vraiment pourquoi c’était interdit.
Je trouve effectivement ces règlements abusifs car je considère que photographier des objets dans une exposition, c’est aussi en faire la promotion, diffuser la culture autrement.

En tout cas je te souhaite beaucoup de plaisir avec ton X100 (j’en suis convaincu).

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