Photo Sniper

J’ai toujours été un photographe parcimonieux. J’en ai parlé souvent ici, fier de mes sorties dont je rentrais avec moins de 20 images. J’ai toujours pensé que c’était une qualité, la marque des photographes qui savent ce qu’ils veulent obtenir et ne gaspillent pas leur temps à capturer au filet tout ce qui se présente. J’ai tout faux !

Passage du Grand Cerf

Pendant longtemps, le passage du Grand Cerf n’a été qu’un passage. C’était simplement un lieu qui permettait de relier le bouillonnant et très tendance quartier Montorgueil à la mal-aimée rue Saint-Denis. C’était pratique, mais le lieu déserté masquait la beauté de ce passage.

New York

Ce n’est qu’au troisième voyage que l’on commence à réellement découvrir un lieu. J’ai pu le constater chaque fois que j’ai visité une nouvelle ville ou un nouveau pays. La première fois est un voyage touristique et les photos le sont aussi. Une succession de cartes postales, un peu comme des trophées que l’on rapporte pour simplement dire qu’on y était. La seconde fois, les visites se font moins classiques, on quitte les lieux incontournables et la véritable découverte commence. C’est aussi l’occasion de commencer à voir au-delà des lieux. C’est-à-dire capter les ambiances, les modes de vie et les gens. À la troisième visite, débarrassé de la contrainte du souvenir que l’on se doit de rapporter, on peut totalement s’immerger et commencer à capter la réalité du lieu.

En avril dernier, je suis allé à New York pour la deuxième fois. Ce n’est donc pas le voyage parfait et mes cartes sont revenues chargées de photos touristiques, ces lieux que vous reconnaitrez au premier coup d’oeil. Mais il y a aussi un second type de photos : les gens. Ils sont la vraie ville, celle qui vit. Je vous livre ce mélange de styles, en attendant le troisième voyage qui sera, lui, plus authentique.

 

De dos

dos-2 Il y a des indices qui ne trompent pas sur la qualité d’un photographe de rue. La marque du débutant ou du photographe timide conduit à un type de photos relativement fréquent : les photographies de dos. En cumulant le manque d’expérience et la réserve, je n’échappe pas à cette règle. Oui, après deux ans de pratique irrégulière, on reste un débutant. La photographie de rue exige un exercice quasi quotidien, de l’expérimentation et du culot. En réalité, ce sont des prérequis pour la plupart des types de photographies, mais disons que la photo de rue ne permet pas de faire illusion longtemps.