Pas d’excuses

Je n’ose pas regarder combien d’articles j’ai publiés en 2017. Je pense que c’est moins de cinq. Un peu comme un écolier qui arrive avec son mot d’excuse, j’ai essayé de faire la liste des miennes :

  • J’ai manqué d’inspiration, je n’avais rien à dire ou du moins j’ai pensé que ce que j’avais à dire n’avait pas d’intérêt.
  • Je me suis dispersé, j’ai lancé le podcast et cela a substantiellement entamé mon capital de production.
  • J’ai manqué de courage, j’ai préféré faire des choses qui me paraissaient plus amusantes sur le moment, mais qui étaient tellement futiles qu’elles ne m’ont pas apporté autant que la satisfaction d’avoir créé quelque chose.
  • j’ai commencé des brouillons que je n’ai pas finis, un peu pour toutes les raisons que je viens d’énoncer et souvent parce que les premières idées que je trouvais intéressantes m’apparaissaient dérisoires quelques jours plus tard.
  • Je me suis concentré sur les outils pour être plus productif, au lieu de concentrer mon temps sur l’écriture.
  • J’ai moins photographié, réduisant du même coup la matière première principale de mes articles.

La litanie pourrait s’allonger encore, je pourrais trouver mille autres raisons. La raison profonde, je suis en train de la découvrir dans ma lecture du moment, Deep Work de Cal Newport.

Je me suis complètement trompé d’objectif.

Je me suis attaché à chercher tous les moyens pour être plus productif. Je me suis concentré sur les outils et les méthodes pour trouver plus de temps. En réalité, ce n’était pas la bonne démarche. La priorité n’est pas d’être plus productif. La priorité est de créer : trouver ce qui permet d’être inspiré et créatif. La productivité n’est pas la source de la création, c’est tout l’inverse : l’inspiration et tout ce qui permet de se trouver dans un état d’esprit créatif permettent de concrètement faire des choses. Une fois cela établi, il n’y a plus de problème de productivité, elle suit naturellement, automatiquement.

Je pense revenir en détail sur ce livre dans un prochain épisode de podcast car c’est certainement l’un des meilleurs livres que j’ai pu lire sur le sujet de l’organisation personnelle. Il pose clairement les enjeux et identifie les freins à la créativité. Même s’il adresse principalement l’environnement professionnel, les concepts et les règles qu’il propose donnent des clés qui peuvent parfaitement s’adapter aux activités personnelles, loisirs et passions. Il m’a surtout ouvert les yeux sur le fait que le concept de productivité, omniprésent jusque dans la sphère personnelle, est une adaptation erronée de la productivité industrielle. Alors que la productivité industrielle vise à l’efficacité maximale, lorsqu’il s’agit de créer quelque chose avec son cerveau ou son coeur, cela n’a aucun sens. Il ne s’agit pas d’instaurer un rapport entre le temps passé et la qualité du travail produit. Ainsi, rechercher des astuces de productivité pour avancer dans ses passions personnelles (écrire, bloguer, photographier, dessiner, faire de la musique, ou même du sport, etc.) nous ramènera toujours à l’insatisfaction, parce qu’on se concentre sur le comment au lieu du quoi, parce qu’on finit toujours par penser qu’on n’a pas les bons outils ou les bonnes méthodes. La solution est simple : FAIRE et c’est à cela que s’attache Deep Work, comment être suffisamment concentré sur ce que l’on veut faire et s’immerger totalement pour avancer.

Je vais essayer d’appliquer ces conseils, ne plus chercher d’excuse et ainsi espérer que ce livre est le dernier que j’aurais lu sur l’efficacité personnelle.

Magique et Magnifique

Je vois très précisément l’endroit. C’est à Santorin, sur une petite route de bitume blanc qui longe la côte Est de l’île. Le soleil écrase tout, la chaleur est agréablement agitée par le vent. La mer n’est pas très loin et pourtant nous ne la voyons pas, masquée par un buisson de végétation rachitique. Ces arbustes qui poussent sur la pierre, défiant l’idée de la possibilité d’une vie. Le ciel limpide est barré par une ligne électrique rythmée par de fin poteaux de bois, seuls signes de la présence humaine qui a préféré s’agglutiner dans les ruelles d’Oïa.

Et pourtant je n’y suis pas. Je suis dans le train de banlieue qui me mène à Gare du Nord. Terminus du train.

Il aura fallu une seconde de parfum caressant mes narines pour me retrouver aux Cyclades. Le pouvoir incroyable des odeurs, qu’on n’avait même pas remarquées alors, et qui chavirent l’esprit quand elles ressurgissent à l’improviste. Pourquoi ce parfum ? Pourquoi maintenant ? Quel est-il ? Je n’en sais vraiment rien.

J’aime simplement ce qu’il m’offre, ce voyage éphémère, magique et magnifique.

La liste de mes envies

Non, je n’ai pas gagné au loto. Pour autant, j’avais envie de faire la liste de mes envies. La première raison est que j’adore faire des listes. La plupart des choses que j’écris le sont avec des tirets. Ça me rassure. Autant vous dire que la méthode GTD a été une révélation pour moi. J’ai de nombreuses listes et même pas mal d’Apps sur mon smartphone pour les gérer. Cette liste est un vrai fourre-tout, pas vraiment cohérente, voire carrément contradictoire. A vous de juger.


J’ai envie d’écrire

A chaque fois que je me mets sur mon clavier, que ce soit pour un article de blog ou simplement rédiger un document pour le travail, j’y trouve du plaisir. J’aime enchaîner les lettres, les mots, les phrases pour former un texte le plus fidèle à l’idée que je veux transmettre. Je crois que j’aurais aimé être écrivain, me sentir envahi par des personnages, des lieux et des histoires, les vivre en même temps que l’écriture. Ca ne se fera pas, je n’ai aucun talent pour raconter des histoires. Il me reste le blog, Day One et Medium. Il suffirait que je me mette plus souvent devant mon clavier.


J’ai envie d’un drone

Pas très original. Je passe de plus en plus de temps sur YouTube et j’y trouve des films incroyables. Les images tournées au drone ajoutent une touche de magie. Dans quelques mois ou quelques années, cela sera certainement surfait, mais j’aimerais m’y essayer : apprendre à piloter et trouver les bons cadrages, les bons mouvements. Le Mavic Pro me fait de l’oeil, et Gregory n’y est pas pour rien ; allez jeter un oeil à ces vidéos. Il y a aussi cette vidéo de Mark E Miller que je trouve sublimement montée.

Si j’ai envie d’un drone, c’est aussi parce que j’aimerais faire des vidéos, je crois que c’est une sorte d’étape logique en complément de la photographie. Il me reste à trouver un angle d’attaque et me lancer.


J’ai envie de courir plus vite, plus fort, plus loin

En reprenant la course à pied il y a deux ans, je ne pensais pas que j’y prendrais un tel plaisir. Bien sûr, les débuts ont été laborieux. Il a fallu dérouiller mon corps qui n’a plus 20 ans (et même plus le double) : les tendons d’Achille, les genoux, les hanches… tout y est passé. Il ne reste qu’un vilain mal au talon qui s’installe insidieusement à régler et mon corps sera en phase avec ma volonté de courir plus vite (sur 10 km), plus fort (pas seulement sur terrain plat), plus loin (passer au 20 km).


J’ai envie d’un Fuji X-T2

J’utilise des appareils Fuji depuis plusieurs années maintenant. D’abord un X100 que j’ai toujours puis un X-E2 et un X100T. Depuis, mon matériel Canon, un 5DII et plein d’objectifs, ne sort que rarement du placard. Je ne suis pas encore prêt à vendre mon 5D (ne me demandez pas pourquoi, juste une réticence à abandonner du matériel qui m’a suivi depuis plusieurs années), mais je pourrais commencer à me débarrasser de quelques objectifs que j’utilise moins souvent. Ce serait une sorte de thérapie pour le vrai switch. Avec le X-T2 je retrouverais un vrai AF, des performances proches du réflex, mais aussi la vidéo (voir plus haut pour l’utilité potentiellement potentielle de cette fonction).


J’ai envie de continuer à méditer tous les jours

Mi 2015, alors que j’étais au coeur d’un projet professionnel très impliquant pour moi, j’ai senti peu à peu mon caractère souffrir de cette pression. D’un naturel calme et plutôt enjoué, j’étais devenu irritable, stressé et pas toujours très drôle pour les gens qui m’entouraient. J’ai senti que le moment était venu de prendre les choses en main et mettre en pratique une routine matinale pour mieux démarrer mes journées. Après plusieurs mois de cette pratique, mon bilan a été nuancé, à l’exception d’une chose : la méditation. Il est difficile de résumer ce que cela m’a apporté, car cela nécessiterait un article complet (un jour, peut-être). J’y ai trouvé les ressources pour me retrouver et surtout vivre plus intensément tous les moments de ma vie. Je médite maintenant chaque jour depuis plus d’un an, je compte bien continuer.


J’ai envie de faire de la musique

La musique tient une place tout aussi importante que la photographie dans mon quotidien. J’ai tenté par deux fois d’apprendre le piano sérieusement : 5 ans lorsque j’étais enfant, puis 7 ans en tant qu’adulte, jusqu’à l’année passée. Après ses 12 années de cours, ma conclusion a été sans appel : je ne suis pas fait pour jouer du piano. Mon niveau reste très faible et je sais maintenant que je ne saurai jamais vraiment en jouer. Peu importe, j’ai pris du plaisir à apprendre et il m’en restera toujours quelque chose.

Depuis quelques semaines, j’ai complété le matériel que j’avais déjà (un micro, des enceintes) pour mon home studio : un clavier midi, une carte son et un bon logiciel. J’en suis encore au stade de l’apprentissage de Logic Pro X, mais c’est promis, dès que j’ai quelque chose d’écoutable, je le partage.


J’ai envie de voyager

C’est encore le meilleur moyen pour faire de la photographie. La liste des villes et des pays que j’aimerais visiter s’allonge : Norvège, Rome, Canada, Thaïlande, Nouvelle-Zélande, San Francisco, Polynésie, Venise, Indonésie… et beaucoup d’endroits en France que je ne connais pas. Rien n’est encore planifié cette année, mais j’aimerais bien commencer à biffer quelques noms de cette liste.


J’ai envie de moins consommer

Elle doit vous faire sourire celle-ci. Elle est en contradiction totale avec bon nombre des envies précédentes. C’est un peu l’envie de ma bonne conscience. Comme beaucoup, je m’aperçois que certains achats ne sont pas dictés par les bons ressorts. Le plaisir de posséder passe souvent avant l’utilité. J’ai une marge de manoeuvre importante pour consommer mieux, ce qui devrait aboutir à consommer moins. C’est toujours une lutte interne entre mes envies et la raison. Je vais essayer de mieux maîtriser ma raison pour réorienter ma consommation vers des achats qui me donneront plus de plaisir. Plutôt que d’acheter un nouvel appareil photo, je pourrais partir en voyage pour réellement faire des photos. La lutte commence aujourd’hui.


J’ai envie de lancer un podcast

Je consomme régulièrement des podcasts depuis plusieurs années. Il y a quelques mois, j’ai même failli lancer ma chaîne. Réellement. Le projet a occupé mon esprit pendant de nombreuses semaines et j’avais déjà une idée assez précise du quoi et du comment. J’ai volontairement laissé passer quelque temps pour que mon enthousiasme soit tempéré par la réalité. La réalité du podcasting est qu’il faut du temps, beaucoup de temps et des idées, beaucoup d’idées. C’est une envie qui peut ressurgir à tout moment. Le bon moment.


J’ai envie d’être au moins aussi heureux que maintenant

Qui n’a pas envie d’être heureux ? Mais qui sait vraiment lorsqu’il a atteint le bonheur ? Je ne sais pas si j’y suis parvenu, mais je ne fais pas de plan sur un hypothétique niveau supérieur de félicité. Ce n’est pas de la résignation. Je sais simplement que rien n’est permanent. Dans un sens comme dans l’autre. Dans les moments difficiles, j’ai conscience qu’ils vont passer et que des jours meilleurs arriveront. Dans les moments heureux, je profite de chaque instant.

Je sais aussi que je ne suis pas le seul maître à bord. Il y a des choses que je peux maîtriser, à commencer par ma perception des évènements. Mais mon bonheur est intimement lié à celui des gens qui m’entourent. S’il y a une seule envie à retenir de cette liste ésotérique, ce serait celle-ci : que mes proches soient au moins aussi heureux que je le sois.

Ceci est un blog

Je n’ai pas l’habitude de faire des bilans sur mon blog lorsque la fin d’année arrive. Avec un seul article écrit en 2016, ce serait d’ailleurs un non-sens. Je n’aime pas non plus les résolutions du 1er janvier. Bien souvent, elles ne passent pas l’hiver et restent la tentative annuelle pour sortir d’un quotidien que l’on retrouvera bien vite. Je leur préfère l’idée d’un renouvellement continu, par petites touches au gré des idées et des envies. Les envies. Nous en avons tous de nombreuses, alors pourquoi vouloir les sacrifier toutes ensemble dans le lot des résolutions du premier janvier ?

L’année 2015 a été une année très chargée professionnellement. Mon temps de cerveau disponible en dehors des heures de bureau s’en est trouvé réduit au minimum. J’ai fait plus de sport, moins de photo. En 2016, la tempête passée, il m’aura fallu plusieurs mois pour retrouver le chemin de la rue avec mon appareil et à nouveau l’envie de partager ici.

En retrouvant le site, il m’est soudain apparu un peu décalé, comme lorsque l’on rentre d’un long voyage et que l’on découvre à nouveau son chez-soi. On s’y sent, pendant quelque temps, un peu comme un visiteur. Il y a deux ans, j’avais voulu tout changer. J’avais transformé le blog classique en véritable site avec une page d’accueil et ses différentes rubriques, les articles relégués dans l’arborescence des menus. Les galeries, les tirages à vendre, tout cela me paraît un peu prétentieux aujourd’hui. Mes photos et mes articles ne sont pas des produits. Je ne suis pas un produit. Ce n’est pas ma démarche.

Ceci est un blog.

Alors il est temps qu’il le redevienne, au sens originel du mot. Je veux que ce soit un endroit qui me ressemble, plus personnel. Au-delà des articles techniques ou philosophico-photographiques, les sujets ne manquent pas. À l’inverse, j’ai toujours évité les articles plus personnels, car mon blog n’est pas vraiment anonyme, je n’ai pas caché celui qui se cache derrière eiffair. C’est même écrit sur la page d’accueil. J’aimerais parfois être ici incognito, pour me libérer de l’idée que mes lecteurs peuvent être des proches, des collègues de travail qui me connaissent dans d’autres contextes. J’ai même pensé recréer une publication sur Medium, totalement anonyme, pour y écrire sans frein. Et puis, à quoi bon ? Je n’ai rien à cacher, pas vraiment peur du « qu’en-dira-t-on ». Je peux écrire ici en toute liberté. C’est donc ce que je vais faire à partir de maintenant.

Ce n’est pas une résolution, c’est une envie !

New York

Ce n’est qu’au troisième voyage que l’on commence à réellement découvrir un lieu. J’ai pu le constater chaque fois que j’ai visité une nouvelle ville ou un nouveau pays. La première fois est un voyage touristique et les photos le sont aussi. Une succession de cartes postales, un peu comme des trophées que l’on rapporte pour simplement dire qu’on y était. La seconde fois, les visites se font moins classiques, on quitte les lieux incontournables et la véritable découverte commence. C’est aussi l’occasion de commencer à voir au-delà des lieux. C’est-à-dire capter les ambiances, les modes de vie et les gens. À la troisième visite, débarrassé de la contrainte du souvenir que l’on se doit de rapporter, on peut totalement s’immerger et commencer à capter la réalité du lieu.

En avril dernier, je suis allé à New York pour la deuxième fois. Ce n’est donc pas le voyage parfait et mes cartes sont revenues chargées de photos touristiques, ces lieux que vous reconnaitrez au premier coup d’oeil. Mais il y a aussi un second type de photos : les gens. Ils sont la vraie ville, celle qui vit. Je vous livre ce mélange de styles, en attendant le troisième voyage qui sera, lui, plus authentique.

 

Paris

Un samedi ensoleillé d’octobre, à Paris. Paris. Sous mes doigts, ces cinq lettres surgissent soudain comme une déchirure, quelque chose qui s’est brisé. L’émotion est là, très présente. Je repense alors à cet après-midi d’octobre.

eiffair en morceaux

De nombreuses années me séparent de mon enfance. Et pourtant, comme tout le monde, j’ai le souvenir encore vivace d’un cadeau d’anniversaire qui m’a comblé au-delà même de ce que pouvaient imaginer mes parents en me l’offrant : un baladeur carré comme une brique, blanc, avec des écouteurs en mousse orange. À cette époque, je suivais des cours de piano et tout naturellement c’est une cassette des Quatre Saisons de Vivaldi qui accompagna le baladeur. Je l’ai écoutée jusqu’à l’usure.

Plus tard, d’autres cassettes ont alimenté mes oreilles et ruiné mes parents en piles. De la musique plus en accord avec mon âge et mes goûts d’adolescent : Supertramp (tous les albums), Mickaël Jackson, The Police. La musique entrait dans ma vie pour ne plus la quitter, bien avant la photographie, et pour la vie.

Depuis mes treize ans, des milliers de morceaux sont passés par mes oreilles, de tous styles, toutes époques. Ce patchwork continue d’exister dans mes listes de lecture. Je vous le partage aujourd’hui sous forme d’une playlist Spotify faite exprès pour vous : eiffair en morceaux.

Elle ne comporte que quelques morceaux pour le moment, mais elle va grandir peu à peu en y ajoutant les chansons que j’aime dans l’actualité, mais aussi en piochant dans mes archives (comme ce morceau de The House Of Love que seuls les quarantenaires peuvent connaître). Pour rester au courant, il suffit de s’abonner à la playlist.

C’est promis, cette escapade en dehors de la photographie sera close dès le prochain article avec un retour en image de mes premières impressions sur le Fuji X100T. Ce teasing de malade !

Recommencer

Vie_NB

La dernière semaine de décembre est teintée d’une atmosphère particulière. Prendre des congés à cette période est un acte mécanique, mais en réalité ce ne sont pas des vacances comme les autres : une semaine entrecoupée de préparatifs, de visites, de repas, de cadeaux et d’embrassades. Au milieu de toutes ces activités, il y a quelques journées, coincées entre weekend et jours fériés, qui sont un peu comme des samedis en semaine. On hésite à les occuper comme de vrais jours de vacances et elles s’écoulent sans vraiment que l’on s’en aperçoive.

No bilan 2014

Je n’ai pas l’habitude de faire un bilan de fin d’année sur le blog. Ce ne sera pas différent cette année. Les choses qui se finissent, les ruptures, les renouvellements, ça ne me plait pas. Au contraire, j’aime assez l’idée que la vie est un flux continu avec ses évolutions. Certes, ces évolutions peuvent être plus ou moins douces, il peut y avoir des à-coups. Mais, qu’ils soient subits ou décidés, ces changements n’ont souvent rien à voir avec le calendrier. Ainsi au 1er janvier 2015, je ne serai pas différent de celui que j’étais au 31 décembre 2014 (à part peut-être un mal de tête tenace). Il n’y a pas de bilan à faire, car rien ne se termine, la vie continue.

Pourquoi avoir la nostalgie du passé ? La nostalgie, cette porte toute grande ouverte aux regrets. C’est du temps perdu. C’est trop tard. L’instant présent et se projeter dans le futur sont mes seuls objectifs.

Je ne ferai pas non plus la liste des bonnes résolutions. J’ai compris depuis longtemps qu’elles n’étaient pas forcément plus durables parce que décidées au 1er janvier. J’aime assez l’idée de pouvoir lancer de nouveaux projets quand bon me semble, quand je suis prêt. Je crois que l’on subit suffisamment la dictature du calendrier dans sa vie professionnelle pour ne pas en plus s’imposer soi-même des échéances irréalistes.

Je ne vous dis donc pas à l’année prochaine, je vous dis simplement à demain. Parce que c’est maintenant que les choses intéressantes commencent pour que demain soit encore plus passionnant qu’hier.

Le Colombier

Le-Colombier-17
C’est un simple hameau de quelques maisons agglutinées autour d’une ferme. Au bout de l’unique rue qui sert aussi de cour commune, une bâtisse plus imposante domine le village. Cette massive maison bourgeoise est flanquée d’une petite tour, un colombier. C’est lui qui donne son nom au village.

En arrivant par les petites routes de campagne, habituellement sillonnées par des troupeaux de tracteurs, de moissonneuses-batteuses et autres ensileuses , on pourrait ne rien remarquer. Pourtant, le mot “BUVETTE” écrit en lettres maladroites au fronton d’une des maisons éveille la curiosité par son incongruité. Un parking aménagé le long d’une haie pour quatre ou cinq voitures, pas plus, et surtout, la rosace caractéristique des monuments historiques sur un petit panneau attestent que l’on ne vient pas dans ce coin perdu par hasard. Ce petit village, à quelques kilomètres du lieu de mon enfance vendéenne, est le lieu où repose un illustre Français, Georges Clémenceau.