Que reste-t-il de Naples ? (2/2)

Si vous avez manqué la première partie, c’est par ici. Après un retour dans ma bibliothèque Lightroom pour me replonger dans mes images, refaire une sélection et les développer à nouveau, je vous les propose maintenant dans ce deuxième article avec un retour sur mes impressions presque trois ans après mon voyage.

En revoyant ces photos, les sensations surgissent presque immédiatement. Le soleil d’avril qui brille aujourd’hui m’aide à m’imaginer là-bas, sous la torpeur du mois d’août. Je revois notre arrivée dans le centre-ville, en bus depuis l’aéroport, m’imaginant encore dans la banlieue alors que nous arrivions en plein centre historique de la ville. Oui, Naples est tout d’abord un choc. C’est une première impression pas vraiment positive, le sentiment d’une ville laissée à l’abandon, avec ses ordures visibles partout. Il faut bien le dire, c’est la saleté qui vous frappe en premier.

Nous, Européens du nord, sommes habitués aux environnements sagement contrôlés où le moindre papier est traqué, les murs des monuments blanchis, la voiture bannie. Nos villes se transforment en musée au prix d’une certaine déshumanisation par la volonté zélée de quelques politiciens qui pensent que sa population l’en remerciera quand même. Naples est à l’extrême opposé de cette démarche. Il faut être honnête, ce n’est pas une recherche volontaire de la conservation de l’authenticité : le manque de moyens est évidemment la cause. Un autre phénomène amplifie cette impression. Partout, dans le centre historique, il y a des travaux de rénovation. Ces travaux ont commencé dans les années 2000 à la suite de l’opération « mains propres » qui visait à redonner à la ville sa stature, sa splendeur et surtout son autonomie vis-à-vis de la mafia.

Passé le cap de cette première impression, on se rend compte assez vite que la ville regorge de trésors. Au coin de chaque rue, des églises qui, si elles semblent délabrées à l’extérieur, dégoulinent de dorures à l’intérieur. C’est un contraste saisissant, témoin de la ferveur religieuse de ses habitants. Une image résume assez bien cette impression décalée :

Les trésors de Naples se dévoilent au fil des déambulations dans la ville rouge. Le musée archéologique est une splendeur. On y trouve en particulier une partie des objets et mosaïques extraits des fouilles de Pompéi. Et puis il y a la mer, omniprésente. Les petits ports de pêche au pied du centre-ville, la plage prise d’assaut par les Napolitains le dimanche après-midi et surtout la baie. Il suffit de monter à la forteresse Sant’Elmo pour admirer l’un des plus beaux golfes du monde, le Vésuve et Capri en ligne d’horizon.

Après deux ou trois jours, on prend en pleine face la véritable nature de la ville. On se rend compte que l’on avait tout faux. Cette ville que l’on croit à l’abandon et miséreuse possède une véritable richesse : ses habitants. On peut visiter certaines grandes capitales sans jamais vraiment rencontrer ceux qui la font vivre. À Naples c’est l’inverse : Naples n’est pas une ville musée, c’est une ville qui vit au travers de ces habitants, qui la chérissent ou la maltraitent, mais qui en sont le principal acteur et le meilleur atout.

Je ne sais pas si c’est l’étroitesse des rues, la chaleur ou tout simplement un art de vivre, mais à Naples tout se passe dans la rue. Les habitants se sont approprié l’espace. Dans la journée, ils vivent en bas de chez eux. Il y a les marchés, parfois improvisés sur un étal branlant. Il y a les présentoirs des magasins qui débordent sur la rue. Il y a surtout les familles, qui sortent les chaises sur le pavé et passent un moment à discuter ensemble, avec leurs voisins ou les passants. On a l’impression que tout le monde se connait et que Naples n’est qu’un grand village. On retrouve cette même ambiance, le dimanche sur le bord de mer, dans les transports en commun, mais aussi les restaurants, souvent tenus en famille. C’est d’ailleurs peut-être le secret de la délicieuse cuisine napolitaine, une cuisine familiale qui m’a donné l’occasion de déguster les meilleures pizzas de ma vie.

Oui, si je devais retenir une seule chose de Naples, c’est cette atmosphère unique de ville du sud, ce grand village où les richesses historiques semblent bien moins importantes que la convivialité et le bonheur de vivre ensemble.

Les photos qui suivent sont un extrait assez hétéroclite, mais qui, je le pense, reflète assez bien la diversité de la ville. Après quelques jours à Naples, nous avons poursuivi notre escapade vers les autres sites remarquables de la baie et au-delà : Herculanum, Capri, Pompéi, Sorrente et Positano.

Que reste-t-il de Naples ? (1/2)

Je ne suis allé à Naples et dans sa région il y a deux ou trois ans. À mon retour, je n’avais pas montré mes images ni écrit mes impressions. Plusieurs mois sont passés et j’avais envie de me replonger dans ces photos pour les confronter à mes souvenirs. En me replongeant dans cette série, c’est aussi l’occasion d’avoir un regard plus détaché sur ces images, la sélection et le traitement que je leur avais réservé.

Je laisse souvent mes photos reposer avant de les traiter. Lorsque je reviens d’une sortie ou d’un voyage, j’ai rarement envie de me jeter sur Lightroom pour les traiter. Développer les photos n’est pas ce que je préfère. Une fois passée l’excitation de la prise de vue, la motivation me quitte et les images restent sur la carte mémoire. Lorsque je reviens d’un voyage, le phénomène est amplifié. Le grand nombre de photos m’oblige à passer par une étape de tri assez fastidieuse. Il faut ensuite traiter les dizaines de photos sélectionnées et cela peut prendre plusieurs heures. Ainsi, le temps passe et il arrive que mes photos de voyage restent dans mon catalogue Lightroom telles quelles, parfois triées et dans le meilleur des cas partiellement traitées.

Allons voir ce qu’il en est pour mes photos de Naples. J’ouvre Lightroom. Les photos sont archivées, car c’était en 2014, et non 2015 comme je le pensais (je ne conserve sur mon Mac que les photos de l’année en cours et de l’année précédente, les années antérieures sont archivées sur le NAS).

Le dossier ‘2014-08 – Naples’ contient 329 photos. Pour deux semaines de séjour, vous pensez certainement que c’est peu. Je ne suis pas un serial shooter. Même en vacances, il peut m’arriver de passer des journées sans photographier, selon l’envie. J’aime parfois profiter des lieux simplement avec mes yeux et ne pas penser photographie 24/24.

Le dossier s’ouvre sur cette photo :

La surprise est de voir qu’elle est marquée d’un drapeau. Cela voudrait dire que je les avais triées. Filtrons sur les images retenues pour évaluer mon choix. Il y a 38 images. D’emblée, j’en vois certaines qui ne méritent pas d’être dans cette sélection. En fait, je crois que je vais devoir refaire mon tri pour vérifier si mes choix sont les mêmes près de trois ans plus tard. Une nouvelle passe de tri m’a fait ajouter une quinzaine d’images. En regardant ces photos, plusieurs réflexions s’imposent sur ma façon de photographier, mais aussi de traiter mes images :

  • Il y a beaucoup trop de photos au format vertical. Ce format, peu pratique pour le web, est de moins en moins produit. Nous sommes de plus en plus formatés à voir des images horizontales. Ces photos en mode portrait me paraissent étranges. Je ne sais pas trop quoi en faire.
  • Il y a encore beaucoup trop de photos du même sujet, comme si j’avais absolument besoin d’assurer. Alors que certains sujets ne méritaient même pas un déclenchement, j’ai mitraillé 5 ou 6 images dont aucune n’a vraiment d’intérêt.
  • J’avais traité une partie de mon premier tri et je dois dire que certaines me font mal aux yeux. C’était l’époque où je découvrais les packs VSCO Film et j’en ai clairement abusé. Autourd’hui je les utilise moins et m’en sers plutôt comme source d’inspiration ou comme base pour un traitement personnalisé. Ici, tout est à reprendre.

Voici quelques exemples d’images que je n’oserais pas montrer ainsi aujourd’hui. Bon, vous n’allez pas y échapper, mais c’est juste pour l’exemple :

Il y a aussi le cas de cette photo du village de Positano, à quelques dizaines de kilomètres de Naples, sur la côte amalfitaine :

Ça pique. Ça pique, mais cette fois-ci, c’est délibéré. Avec cette vue, j’avais envie d’expérimenter un phénomène que j’appellerais le « traitement à clics ». Abonné à 500px, j’avais remarqué il y a quelques années, le goût pour les photos de paysage sur vitaminées. Les contrastes poussés, les images saturées, le curseur de netteté à 100% : voilà les ingrédients qui pouvaient faire d’une image ordinaire une image relativement populaire sur 500px. Mon expérience a pu le démontrer, c’est une de mes images qui a rencontré le plus de succès.

Ce phénomène est un peu moins vrai aujourd’hui sur 500px. D’ailleurs, le système de Pulse n’est plus mis en avant par le site, se contentant d’afficher les coeurs attribués. Les photos les plus populaires me semblent plus variées dans le style et dans la nature des traitements.

J’ai donc retraité toutes les images issues de ce nouveau tri (sans utiliser VSCO cette fois-ci) et élagué encore quelques photos pour avoir une sélection plus légère. Je vous les proposerai dans la deuxième partie, un article sur mes impressions à venir très prochainement.

Fuji ou Canon, c’est décidé !

Trois ans, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour sauter le pas : faire la transition complète vers Fuji. En juillet 2014, je listais déjà toutes les bonnes excuses pour conserver mon Canon 5D MkII et les objectifs qui vont avec. Je suis parti plusieurs fois en voyage, jamais je n’ai pris avec moi mon 5D. C’est le Fuji X-E2 qui m’a accompagné partout dans ces escapades. Et pour le quotidien, le X100T est mon fidèle compagnon. Il me suit presque partout et produit les trois quarts de mes images.

Les galeries

C’est un samedi après-midi de janvier, froid et pluvieux. Le temps idéal pour faire du shopping, un ciné ou même flemmarder sur le canapé. Et pourquoi pas plutôt essayer de redécouvrir les classiques avec une visite guidée de quelques galeries parisiennes.
La visite ne tient pas sa promesse : le discours est classique et nous sommes très (trop) nombreux. Autant s’échapper du troupeau et tenter quelques photos. Les voici.
Pour les commentaires historiques, je vous laisse donc à Wikipedia !

New York

Ce n’est qu’au troisième voyage que l’on commence à réellement découvrir un lieu. J’ai pu le constater chaque fois que j’ai visité une nouvelle ville ou un nouveau pays. La première fois est un voyage touristique et les photos le sont aussi. Une succession de cartes postales, un peu comme des trophées que l’on rapporte pour simplement dire qu’on y était. La seconde fois, les visites se font moins classiques, on quitte les lieux incontournables et la véritable découverte commence. C’est aussi l’occasion de commencer à voir au-delà des lieux. C’est-à-dire capter les ambiances, les modes de vie et les gens. À la troisième visite, débarrassé de la contrainte du souvenir que l’on se doit de rapporter, on peut totalement s’immerger et commencer à capter la réalité du lieu.

En avril dernier, je suis allé à New York pour la deuxième fois. Ce n’est donc pas le voyage parfait et mes cartes sont revenues chargées de photos touristiques, ces lieux que vous reconnaitrez au premier coup d’oeil. Mais il y a aussi un second type de photos : les gens. Ils sont la vraie ville, celle qui vit. Je vous livre ce mélange de styles, en attendant le troisième voyage qui sera, lui, plus authentique.

 

Bouts de Breizh

Comme chaque année au retour des vacances, les habituelles photos clichés resteront sur le disque dur pour des souvenirs que j’aurai plaisir à revoir dans quelques années. Celles que je présente ici sont les seules rescapées de ces photos de vacances qui n’intéressent que ceux qui les ont vécues. Voici donc quelques petits bouts de Bretagne, de Saint Brieuc à Perros-Guirec.

Le mur

Descendre à la plage

Le banc bleu

La vue

Cirés

Caniche

Annexes

Breizh on the rocks

Piscine

Le XF 23 f/1.4 R face au X100T

Si l’on possède un hybride Fuji X et que l’on cherche un objectif équivalent 35mm, le Fuji XF 23 f/1.4 R s’impose. Mais si l’on a déjà mis l’oeil au viseur d’un X100/X100S/X100T, là, les choses se compliquent pour faire un choix. C’est exactement la situation dans laquelle je me suis retrouvé il y a quelques semaines, possédant un Fuji X100 et un X-E2 : remplacer mon X100 par un X100T ou bien opter pour le XF 23 ? Si vous êtes un lecteur attentif, vous connaissez déjà la fin de l’histoire. J’ai préféré le X100T mais ce choix s’est fait sans avoir réellement eu l’occasion de tester le XF 23. Grâce à Fujifilm France, que je remercie sincèrement, j’ai pu disposer pendant quelques jours de ce qui est un des objectifs phares de la gamme Fujinon et vérifier si mon choix était le bon.

XF 23 f/1.4 R

XF-23

Le Fuji XF 23 est un objectif qui inspire un sentiment de qualité. Relativement imposant (nous y reviendrons), tout en métal, on sent que l’on a entre les mains un objet qui a été conçu pour rivaliser avec les meilleurs des objectifs premium full frame. Comparé au reste de la gamme, et tenant compte de sa focale relativement courte, il est un des plus gros. Le XF 35 f/1.4 R à côté semble tout léger et minuscule. Il a d’ailleurs un diamètre de 10mm inférieur aux 62mm du XF 23. En réalité, l’encombrement du XF 23 est très proche de celui du XF 18-55 f2.8-4 R:

De gauche à droite : XF 18-55, XF 23, XF 35
De gauche à droite : XF 18-55, XF 23, XF 35

Sur la balance, il accuse également le coup : 296g pour le XF 23 contre 185 g pour le XF 35. C’est même presque le poids du 18-55 f/2.8-4 R et ses 307g.

Le XF 23 dispose d’une bague de mise au point large et précise. Elle permet en la faisant coulisser de verrouiller la mise au point, un dispositif présent seulement sur quelques objectifs de la gamme (à ma connaissance au moins le 14mm mais il y en a peut-être d’autres). Elle permet simplement de passer en mode manuel lorsqu’on est en autofocus (ou d’empêcher de tourner la bague de MAP lorsqu’on est en autofocus). Elle n’a aucune action en mise au point manuelle. Avec la possibilité de modification du point manuellement même en autofocus apportée par les dernières versions du firmware du X-E2 et du X-T1, l’utilité est toute relative.

La bague de sélection des ouvertures semble plus sensible que celle du X100T mais propose une ergonomie bien meilleure, car c’est une vraie bague, que l’on retrouve facilement sous les doigts. Le X100T de son côté, propose une bague minuscule que l’on ne peut manipuler qu’au travers de deux ergots pas très pratiques : à l’aveugle, il faut tâtonner pour retrouver leur position et tourner la bague. Je trouve très étonnant que Fujifilm n’ait pas amélioré cette bague après trois générations de X100. Le XF 23 dispose également d’une échelle de distance et de profondeur de champ gravée sur le fût. La marque des objectifs sérieux.

Pour une revue complète et technique, je vous renvoie vers cet excellent article qui viendra compléter mes explications sommaires : http://www.photozone.de/fuji_x/868-fuji23f14

Le XF 23 f/1.4 R face au X100T

Un des principaux aspects qui peuvent motiver le choix entre ces deux options est évidemment l’encombrement respectif. Voici ce que donne le XF 23 monté sur le X-E2 et le X100T côte à côte.

XF23-X100T-4

C’est sans appel, l’encombrement presque le double, la preuve en empilant le X100 et le X100T (désolé je n’avais pas deux X100T sous la main…)

XF23-X100T-5

Vu de face le diamètre imposant du XF23 donne au X100T une allure de jouet :

XF23-X100T-6

Là encore, j’ai passé tout ce petit monde sur la balance : 640 g pour le X-E2 + XF 23 contre 432 g pour le X100T, c’est 50% plus lourd.

Au-delà de ces chiffres qui peuvent ne pas être un problème en fonction de votre activité, de la taille de votre sac et de la solidité de vos épaules, il est intéressant de voir si cette version bodybuildée du 23mm n’est là que pour montrer ses muscles ou bien si elle dispose d’atouts indiscutables. On attend deux avantages significatifs du XF 23 sur le X100T : la qualité optique et le gain en ouverture. Pour cela, rien de tel qu’un test sur le terrain. J’ai pu faire deux sorties relativement différentes qui m’ont permis de juger de la versatilité de l’objectif versus le X100T

Jour 1 : dans la rue

Cette première sortie est l’occasion de tenter quelques photos de rue avec le XF 23. Monté sur le X-E2, j’ai réellement l’impression d’avoir en main mon combo de voyage en terme d’encombrement (le XF 18-55). L’absence de vraie poignée sur le X-E2 rend la tenue de l’ensemble assez délicate à la longue, surtout si, comme moi, vous aimez avoir l’appareil en main sans courroie ni dragonne. La seule solution est de tenir l’ensemble par le fût de l’objectif, tenue ici facilitée par le diamètre imposant de l’objectif.

La mise au point est rapide, bien plus véloce que celle du XF 35. Associé à l’autofocus du X-E2, on peut réaliser ce type de prise de vue sans difficulté :

XF23-X100T

L’ouverture f/1.4 offre des fonds flous plutôt doux, très plaisants.

XF23-X100T-2

Le piqué est fantastique, sans atteindre néanmoins ce que j’ai pu obtenir avec du full frame. Mais on en est très proche.

XF23-X100T-3

Un détail sur une autre image à 100% (pour les amateurs) pour s’en convaincre

XF 23 100 pour cent

Au bout de deux heures, le poids de l’ensemble se fait vraiment sentir. On n’est pas encore sur le poids d’un réflexe, mais la promesse de l’appareil hybride offrant compacité et légèreté est un peu malmenée. Habitué à arpenter les rues avec mon X100T, j’avoue ne pas avoir la même sensation de liberté avec cet ensemble. Pour la photo de rue, il est évident que le X100T est bien plus adapté : léger et discret.

Jour 2 : en mode paysage

D’accord, on parle ici de paysage urbain mais c’est surtout le mode de photographie qui m’intéresse de développer ici. On n’est plus dans la recherche de la spontanéité et de la réactivité nécessaire à la photo sur le vif. En mode paysage, on peut se permettre de prendre le temps de cadrer, régler et déclencher quand on est vraiment prêt. On peut même se permettre d’avoir l’appareil autour du cou ce qui fait oublier le poids de l’ensemble. Je dirais même que ce poids donne l’impression d’avoir un vrai appareil photo dans les mains : on ressent la technologie, un peu comme je l’avais décrit lors de la dernière utilisation de mon réflex.

Au fil de l’après-midi, j’apprécie de plus en plus l’ergonomie de l’objectif : les commandes tombent sous les doigts, en particulier la large bague de mise au point. Je regrette évidemment la lenteur de l’affichage des changements d’ouverture dans le viseur, mais l’objectif n’est pas en cause : un point sur lequel Fuji doit faire de sérieux progrès sur ces futurs modèles d’appareils. Le 35mm se trouve plutôt bien adapté à mon sujet, me permettant d’embrasser suffisamment d’éléments dans le cadre. Ce que je vois sur l’écran du X-E2 me plait beaucoup, une qualité d’images qui se confirmera sur l’ordinateur.

XF23-X100T-8

XF23-X100T-9

XF23-X100T-10

XF23-X100T-11

XF23-X100T-12

XF23-X100T-13

XF23-X100T-14

Comparer

Un des éléments importants pour beaucoup de photographes, est le flou d’arrière-plan, même si je trouve que l’on met souvent trop en avant cette caractéristique des objectifs actuels. C’est un peu comme si on ne photographiait qu’à pleine ouverture. Bref, on peut quand même les comparer. Pour commencer, les deux objectifs sont à pleine ouverture (f/1.4 pour le XF 23 à gauche, f/2.0 pour le X100T à droite) :

XF23 f14 - X100T f2

Le flou est effectivement plus doux sur le XF 23. Si on compare à ouverture égale (f/2.0 avec le XF 23 toujours à gauche et le X100T à droite) :

XF23 f2 - X100T f2

Les différences ne sont pas franchement flagrantes. Je défie quiconque de les distinguer à l’aveugle. On note également une différence de colorimétrie assez importante mais que je ne peux attribuer aux objectifs, les appareils ont certainement un impact non négligeable. Par contre, une frange foncée apparaît sur les bords des images du XF 23. Je n’ose croire à de l’aberration chromatique…

Je complète avec des images entières, car le 100%, ce n’est pas la vraie vie. D’ailleurs, c’est sur ces images « plein écran » que l’on voit la légère différence de flou, à l’avantage du XF 23 évidemment.

XF23 f2 - X100T f2 - pleine image

Lequel choisir ?

Le XF 23 f/1.4 R est une bête de course. Il en impose d’emblée par sa construction sérieuse et sa taille. Les images qu’il produit sont d’une netteté impressionnante. Il bat à plat de coutures le X100T sur ce point. Son ouverture à f/1.4 lui donne un avantage en basse lumière en doublant la quantité de lumière entrante par rapport au X100T . Par contre si vous cherchez le fameux bokeh, n’attendez pas trop de différence avec le X100T, ils se valent.

Les deux principaux facteurs de choix vont donc se jouer sur la qualité d’image et l’encombrement. En fonction du type de photographie que vous pratiquez mais aussi des exigences que vous pouvez avoir avec le résultat, le choix peut s’orienter vers l’un ou l’autre :

  • le XF 23 conviendra parfaitement aux photographes professionnels, aux photographes de mariage, de portrait ou de mode. Il est réservé à ceux qui voudront privilégier la qualité d’image sur le poids du matériel
  • le X100T est un choix du coeur. Son poids et son encombrement raisonnables en font l’outil idéal pour la photographie de rue mais aussi pour la photographie au quotidien (les photos que l’on manquait à l’époque ou seuls les réflexes existaient).

Un dernier point non négligeable est la question du prix. Il faut compter environ 850€ pour le XF 23 contre 1 140€ pour le X100. Il y a 290€ d’écart, 290€ qui vous permettent d’avoir un appareil complet.

Ces tests comparés confortent donc complètement mon choix. J’ai besoin d’un appareil que je peux avoir sur moi à tout moment et qui me permet d’être relativement discret dans la rue : le X100T est parfait pour cela. Et tant pis pour le piqué de mes images, en photo de rue ce n’est pas vraiment ce qui compte.

<hr>

En complément de mon article, je vous joins deux liens intéressants :

That is the question…

That is the question…

Parfois, la lecture d'un article peut être une source de motivation incroyable. J'étais en route vers Paris ce dimanche midi pour profiter du soleil printanier. J'avais l'envie de fouler les rues avec mon appareil photo histoire de me convaincre qu'on peut faire de la photo de rue même un dimanche, de Pâques de surcroît.

J'avais également en tête le challenge photo du mois d'avril pour le site Poses Café, un tout nouveau site collaboratif que je vous invite à visiter. Le thème du mois, Seul au Monde, me semble délicat, mais je vais essayer de jouer le jeu et ne pas puiser dans mes archives (ai-je d'ailleurs des photos qui feraient l'affaire ?). Et puis, dans le RER, j'ai lu cet article tombé dans mes flux RSS ce matin : On Shooting Yourself…in Street Photography.

Au-delà de la question posée, il m'a donné une envie irrésistible de rentrer dans le vif du sujet dès mes premiers pas sur le pavé parisien, mais il est quand même intéressant de revenir un instant à la question posée par Christopher Van Velzer dans son article : est-ce que je transparais vraiment au travers des images que je prends ? Il ne s'agit pas de dire si j'ai un style qui m'est propre, mais simplement de savoir si les photos que je prends me correspondent vraiment. C'est plus une question d'authenticité que d'originalité. Tentons d'y répondre.

Si je prends des photos de rue, je crois que c'est tout simplement parce que j'aime les gens que je photographie : en général ceux qui m'attirent le sont parce que je les trouve beaux. Je ne veux pas dire que ce sont des top-modèles, non. Ils sont beaux dans le contexte dans lequel je les rencontre et c'est ce contexte, cette situation que j'essaie de faire transparaître avec la photo que je prends d'eux. Je pense par exemple à ces deux photos pour lesquelles les personnes que j'ai photographiées sont bien plus importantes que la situation. D'ailleurs, si j'en avais eu le courage, j'aurais aimé entrer en contact avec eux, discuter, leur donner une copie de la photo.

La haine

Endormie

La nature empathique que j'essaie d'avoir en photographiant a une incidence directe sur ma façon de photographier : j'ai l'impression qu'une photo de rue doit forcément être faite de façon rapprochée. Je dois être proche de mes modèles au sens propre pour exprimer cette proximité que je ressens. J'aime quand les gens remplissent le cadre et j'ai toujours eu l'impression que mes images les plus réussies étaient celles où j'avais osé approcher les gens. Le fait que c'est aussi une petite victoire sur ma réserve habituelle y est peut-être aussi pour quelque chose, mais je pense que c'est bien la mise en avant des gens qui me donne le plus de satisfaction.

Voilà en quoi j'essaie d'être moi-même quand je photographie dans la rue. Ainsi, en faisant cette analyse, tout en lisant l'article de Christopher Van Velzer, j'ai ressenti le courage et l'envie d'exprimer cela de manière claire. Car je pense qu’il pose la bonne question : c’est en mettant une part de nous-mêmes dans nos photos que l’on peut réellement progresser. L’authenticité, l’intention personnelle du photographe, transparaît toujours dans ses meilleures images. Les photos que j'ai faites dans le premier quart d'heure reflètent cet état d'esprit au moins pour la forme : j'ai photographié de façon plus rapprochée qu'habituellement. Voici ces images, les bonnes comme les ratées (une erreur de débutant m'a fait manque le focus sur certaines).

Street_04

Street_02

Street_05

Street_06_feature

Street_03

Passé la demie-heure de photo, ce coup de fouet et l'envie se sont peu à peu effacés. C'est souvent comme cela. Je peux passer plusieurs heures dans la rue, le tout se joue souvent en un quart d'heure, un peu comme si l'énergie me quittait en une fraction de seconde. Je le sais et je n'insiste pas. Je range l'appareil et profite du reste de la promenade.

Street en stock

Alors la street, c'est fini ? Une question qu'on pourrait se poser en voyant mes dernières publications de photo. Aucune photo de rue non plus pour illustrer mes premières impressions sur le Fuji X100T. Des paysages, la mer, la nature et pas une âme qui vive. Alors, à quoi bon avoir un X100T, taillé pour la rue si je ne m'en sers pas ?

En fait, je n'ai jamais autant photographié la rue que depuis quelques semaines. Comme je l'ai déjà dit sur ce blog, les changements de matériels ne sont pas que des lubies d'enfant gâté. Ces renouvellements sont aussi la source de ma motivation. Avoir un nouvel outil me redonne l'envie de sortir pour photographier. Ce n'est pas le seul facteur de motivation, heureusement, mais ça marche à chaque fois. Je suis certain que c'est aussi votre cas. Le X100T m'a sorti de ma torpeur hivernale. Il m’a accompagné dans chacune de mes sorties en ville.

Donc j'ai beaucoup photographié. Je n'ai pratiquement pas publié. Et pour cela; il y a au moins deux raisons.

  • Laisser reposer ses photos a toujours du bon. Je me jette rarement sur mes cartes mémoires au retour d’une sortie. Les photos peuvent y rester des jours avant que je ne les regarde. J’ai aussi essayé d’appliquer ce principe aux images une fois traitées. Avant de me précipiter vers les réseaux sociaux pour les montrer, je les ai laissées sur mon disque dur. Cela m’a permis d’avoir un regard plus distancié vis-à-vis des photos et d’être plus sélectif. J’en ai éliminé certaines que j’aurais sûrement montrées, mais qui en fin de compte, ne le méritaient pas vraiment
  • Diffuser des images au fil de l’eau n’est pas très cohérent, un peu comme des photos de vacances que l’on envoie de son smartphone pour faire un coucou aux amis ou à la famille. Il m’a semblé qu’il était préférable d’attendre d’avoir vraiment quelque chose à raconter et à montrer pour en faire un ensemble plus cohérent et, je l’espère, plus intéressant à regarder.

Ces quelques semaines sans publier m’ont également permis de ne pas être trop sensible à l’effet « like ». C’est-à-dire ne pas publier juste parce qu’on est heureux ou fier d’une image que l’on vient de prendre. Bien sûr, maintenant qu’elles sont libérées, ces images vont aller rejoindre mes albums sur 500px, mais je suis moins impatient du jugement, car plus détaché de l’instant de la prise de vue.

Je vous les livre donc en vrac. En regardant ma collecte de quelques semaines, j’avoue n’avoir pas été complètement convaincu par une photo en particulier. C’est une série sans surprises, mais peu importe. J’ai pris du plaisir à faire ces images et le X100T n’y est pas totalement étranger. Il confirme totalement son statut d’outil idéal pour la photo de rue.

Terrasse d'hiver

Pain

Street_02

Abbesses

Youth

Street_10

Street_09

Street_07

Street_06

Street_11

Street_05

Street_04

Street_03

Street_01

Street_08

X100T : Premières impressions

X100T : Premières impressions

Il y a un peu plus de trois ans j’ai ajouté un Fuji X100 à mon matériel photo, un achat qui allait changer ma façon de photographier. J’ai relu l’article que j’avais écrit alors sur mes premières impressions. Un article en trois actes : des agacements, des qualités et du plaisir. Trois ans après, le X100T vient le remplacer et pour cette revue des premières impressions il n’y aura plus que deux actes : des qualités et du plaisir.

Oui, finis les agacements de la première tentative de Fuji pour le lancement de la gamme X. Les mises à jour de firmware sur le X100 avaient déjà corrigé beaucoup de défauts, du moins ceux qui pouvaient l’être par logiciel. Il aura fallu attendre la seconde génération avec le X100S pour avoir un appareil accompli. Le X100T vient courroner la série avec quelques raffinements qui lui donnent la maturité du bel âge.

Au moment d’écrire cet article je me suis retrouvé un peu désamparé. Que pourrais-je dire qui ne l’a pas déjà été sur cet appareil ? Ajouter une un ènième revue des nouveautés ? Produire des images tests sous toutes les configurations pour démontrer ses performances ? Tout cela a déjà été fait et bien mieux que je ne pourrais le faire.

En réalité, j’ai plutôt envie d’être un peu plus organique, de vous parler de ressenti, de sentiments. Parce que la photo ce ne sont pas des chiffres alignés dans un tableau de caractéristiques techniques. Parce que la photo n’a pas d’autre dessein que de générer des sensations, le photographe, de chair et d’os, ne peut prétendre faire passer ses émotions avec une machine sans âme. Et justement, l’âme c’est ce que véhiculent les appareils Fuji X. Il y a avec ces appareils un attachement qui dépasse la simple performance technologique : on ne choisit pas un Fuji X seulement pour ses performances mais parce qu’il s'identifie totalement aux femmes et aux hommes qui les choisissent. Ils font partie de leur style de vie. Je ne prétends pas que ce phénomène est l’apanage de Fuji, mais Fuji a réussi à sortir des appareils qui collent avec leur époque. Lorsque le le X100 est sorti en 2011, il a tout de suite créé l’envie, tout simplement parce qu’il venait combler un désir qui existait chez les photographes, de façon totalement inconsciente, mais que Fuji avait su déceler avant tout le monde. Le désir d'un retour aux sources sans sacrifier les apports d'une technologie au sommet. Je fais partie de ces photographes, accrochés par la promesse que Fuji offrait avec le X100, et très vite conquis.

J'ai revendu tous mes appareils pour acheter le suivant cela n'a pa été le cas pour le X100. C'est dire à quel point j'ai un attachement particulier pour cet appareil : une histoire affective, un compagnon fidèle qui m'accompagne depuis plusieurs années dans ma découverte de la photographie de rue.

Mais revenons au X100T. Immédiatement, je retrouve mes marques, il est bien le petit-fils du X100. J'y retrouve aussi un peu du X-E2, en fait ce sont les qualités du X-E2 que je retrouve dans le corps du X100 : l'ergonomie enfin aux normes attendues, la réactivité, une mise au point manuelle efficace (grâce au choix de différents dispositifs d'aide), l'autonomie en hausse et plus généralement une impression d'appareil solide et fiable. Je ne parle pas de fiabilité matérielle, je parle de la confiance que l'on peut accorder à l'appareil en tant qu'outil pour photographier. Avec une réactivité et un autofocus enfin a la hauteur, je peux faire confiance au X100T pour prendre l'image telle que je le décide. Cela peut paraître anodin, mais ce n'était pas toujours le cas avec le X100 : quelques occasions manquées parce que l'appareil ne se "réveillait" pas assez vite ou bien faisait un focus aléatoire.

Le X100 manifestait sa présence envahissante autant par son look que par ses imperfections. Le X100T, lui, se fait complètement oublier. Il laisse la place au photographe et c’est bien la qualité ultime que l’on attend d’un appareil photo. Parfait.

Si je reprends la liste des griefs que je faisais au X100 (avec toutes les astuces nécessaires pour contourner ses défauts), plus aucun ne persiste. Tout ce que je n'aimais pas dans le X100 a été corrigé et amélioré dans le X100T. Alors qu'est-ce que je n'aime pas dans le X100T ? Quelques détails pour chipoter : la trappe de la batterie toute en plastique, la bague des ouvertures qui curieusement, est restée la même depuis le X100 et toujours aussi peu ergonomique (il faut réussir à mettre ces doigts au bon emplacement sur les deux ergots pour réussir à la faire tourner, pas facile) et c'est à peu près tout.

En réalité, mon seul reproche est peut-être juste le sentiment de ne pas avoir un nouvel appareil. En cela, le X100T se fait complètement oublier : il est juste l'instrument qui me sert à photographier, s'effaçant derrière la photographie. Cela ne veut pas dire pour autant que c'est un simple objet fonctionnel : je ne pourrai oublier que le X100 et maintenant le X100T m'ont apporté bien plus qu'un simple objet : le renouveau du plaisir de photographier. Pour cette raison, mon attachement à ces petits morceaux de métal et de plastique dépasse celui qu'on peut avoir pour un simple objet du quotidien. Je leur voue une véritable reconnaissance. Je les adore. Tout simplement.

J'espère ne pas trop vous décevoir avec cette revue si peu technique. Il m'accompagne depuis plusieurs semaines maintenant. Le plus simple est de montrer des images (les deux premières sont des JPG sortis du X100T avec le nouveau rendu Classic Chrome).

X100T-Chrome2

X100T-Chrome1

X100T-Port

X100T-Mur

X100T-Marches

X100T-Macro

X100T-Interdit

X100T-Icecream

X100T-Hotel

X100T-Hermione