Sous-expositions

Franchir les portes d’un musée, un appareil photo à la main, est toujours une grande aventure : on ne sait jamais vraiment à quelle sauce on va être croqué. Les trois expériences très différentes auxquelles j’ai été confronté ces dernières semaines illustrent assez bien l’absurdité des règlements appliqués avec plus ou moins de zèle par le personnel d’accueil (oui, même un accueil mauvais est un accueil). Et si je parle d’absurdité c’est parce que dans la majorité des cas ces restrictions sont totalement contre-productives pour les musées eux-mêmes.

Amiens, je reviens !

Je vous dis Amiens : vous répondez Cathédrale, hortillonnages et Nord, bien que ce soit dans le département de la Somme. Vous imaginez une ville aux briques sombres endormie par le froid. Y aller pour passer une journée de congés, un de ces fameux jeudis, peut vous paraître étrange. Et pourtant.

En arrivant, direction le premier troquet pour un café réveil-matin. La patronne, la cinquantaine, les cheveux rouge feu et des lunettes improbables vous acceuille d’un « bonjour mon chéri, quech’tu veux boire » auquel on ne s’y attend pas vraiment. S’en suit un moment de convivialité que le parigot que je suis devenu – je suis vendéen en vrai – ne trouve pas à tous les coins de rue. Une discussion sur tout et rien interrompue à chaque minute par le salut des habitués qui passent. Ce premier contact me dit que j’ai bien fait d’y revenir, à Amiens. Il fait beau (plus de 20 degrés en ce début de mars), les gens sont sympathiques et je vais découvrir une ville pleine de surprises.

La panne

Un mois sans article. Pas une phrase, pas un mot. La panne. J’en vois déjà qui nient mais je le sais : ça arrive à tout le monde hein ? Ce n’est même pas un manque d’inspiration, les idées d’articles s’accumulent au gré de mes lectures ou de mes échanges sur twitter. Il arrive simplement que l’on ait juste perdu l’envie d’écrire. Car écrire même un blog sans aucune prétention littéraire fonctionne avec les mêmes ressorts que tous les autres types d’écritures dits « plus nobles ». Cela implique d’être en condition de motivation et d’envie…

Un imposteur au musée

Vous êtes déjà allés visiter un musée avec votre appareil photo ? Oui forcément, comme moi vous avez toujours de quoi photographier sur vous. N’avez-vous pas ressenti un léger sentiment d’imposture ? Euh, c’est à dire ? Je m’explique. Il y a quelques jours je visite les collections permanentes du Centre Pompidou que je n’avais pas fréquenté depuis un bon moment. Mon X100 dans ma poche, je ne peux m’empêcher de le sortir pour photographier ce que je vois. Et ce que je vois, ce sont des oeuvres d’art. Clic-clac la compression de César, clic-clac les sculptures d’Arman, clic-clac les tableaux de Soulages, clic-clac, clic-clac… Ma frénésie du déclencheur me fait quand même poser quelques questions.

Plein cadre

Dernier des trois actes de ma série « J’ai photographié des gens« . Si vous m’avez suivi jusqu’ici, vous connaissez déjà mes difficultés à photographier des gens. Mes premières tentatives étaient de loin et loin d’être convaincantes. J’avais alors pris conscience de la nécessité absolue de s’engager réellement vers ses sujets ce que j’avais essayé de mettre en pratique lors de ma « Tentative de rapprochement« .

Comment ne pas photographier de dragons au défilé du Nouvel An Chinois

Les journalistes appellent ça un marronier, les photographes un rendez-vous incontournable à Paris : le défilé du Nouvel An Chinois. Pour la seconde année je suis allé dans le XIIIème arrondissement en quête de jolis clichés de dragons, costumes, tambours et autels à offrandes. Mais cette fois-ci avec un petit doute sur l’utilité de ces photographies et me demandant s’il n’y avait pas mieux à faire. Arrivé après 14h, les circonstances m’ont un peu aidé dans ma démarche du nouvel an chinois « 100% sans dragons ».

Tentative de rapprochement

Un mois s’est écoulé depuis mes premières tentatives de photographie de rue. Ou plutôt mes premières tentatives de photographie de gens. J’avais alors évoqué la principale difficulté de ce genre photographique : l’engagement. Car photographier des gens, nécessite de s’approcher physiquement pour pouvoir capter leur regard, leur expression. (j’exclue complètement l’utilisation d’une focale longue qui donne aux images un air de photo volée). Et ce rapprochement physique entraîne inévitablement un rapprochement humain, la principale source d’angoisse des gens réservés. Cette peur est inévitable : peur de déranger, peur du contact avec des inconnus, peur de devoir s’expliquer et surtout peur du potentiel conflit.

Le vignettage ne passera pas l’hiver

J’ai commencé à photographier il y a déjà pas mal d’années et comme tout jeune photographe débutant dans la vie active acquérir du matériel au meilleur rapport qualité/prix était primordial. En ce temps (je suis en mode vieux qui raconte sa vie, mais c’est juste pour l’introduction), internet n’existait pas encore et avoir des informations fiables sur le matériel disponible était autrement plus compliqué qu’aujourd’hui.

Le touriste et l’opportuniste

Bandeau Etretat

C’est un peu toujours la même histoire. Lorsque je pars en weekend, en vacances ou simplement passer une journée dans un endroit que je ne connais pas, le photographe que j’essaie de devenir se transforme illico en touriste. Et en tout bon touriste qui se respecte, je commence par photographier ce que chacun voit au premier regard. Ces images sont les mêmes que celles que l’on peut trouver par centaine sur internet. Elles ont pour seul intérêt personnel de dire “j’y étais”. Evidemment je prends aussi des photos de mes amis ou de ma famille qui m’accompagne et ça ce sont les vrais souvenirs. Mais photographier le port de Honfleur a-t-il un quelconque intérêt à postériori : elles vont juste vous rappeler que c’est joli le port de Honfleur mais à vrai dire ces photos risquent de barber les gens à qui vous les montrerez et finiront par encombrer votre disque dur.

J’ai photographié des gens !

S’il y a bien un type de photo pour lequel je suis complètement nul c’est bien la photo de portrait. Plus généralement photographier des gens me paraît une chose très compliquée. Ma nature réservée y est certainement pour beaucoup mais il est aussi vrai que le résultats de mes différents essais m’ont convaincu que ce n’était pas mon truc. Même lors des réunions de famille, alors que tout le monde attend que je fasse le job étant officiellement catalogué comme le photographe de la famille, j’ai toujours une petite (et souvent grande) déception quand je vois le résultat.