Que reste-t-il de Naples ? (2/2)

Si vous avez manqué la première partie, c’est par ici. Après un retour dans ma bibliothèque Lightroom pour me replonger dans mes images, refaire une sélection et les développer à nouveau, je vous les propose maintenant dans ce deuxième article avec un retour sur mes impressions presque trois ans après mon voyage.

En revoyant ces photos, les sensations surgissent presque immédiatement. Le soleil d’avril qui brille aujourd’hui m’aide à m’imaginer là-bas, sous la torpeur du mois d’août. Je revois notre arrivée dans le centre-ville, en bus depuis l’aéroport, m’imaginant encore dans la banlieue alors que nous arrivions en plein centre historique de la ville. Oui, Naples est tout d’abord un choc. C’est une première impression pas vraiment positive, le sentiment d’une ville laissée à l’abandon, avec ses ordures visibles partout. Il faut bien le dire, c’est la saleté qui vous frappe en premier.

Nous, Européens du nord, sommes habitués aux environnements sagement contrôlés où le moindre papier est traqué, les murs des monuments blanchis, la voiture bannie. Nos villes se transforment en musée au prix d’une certaine déshumanisation par la volonté zélée de quelques politiciens qui pensent que sa population l’en remerciera quand même. Naples est à l’extrême opposé de cette démarche. Il faut être honnête, ce n’est pas une recherche volontaire de la conservation de l’authenticité : le manque de moyens est évidemment la cause. Un autre phénomène amplifie cette impression. Partout, dans le centre historique, il y a des travaux de rénovation. Ces travaux ont commencé dans les années 2000 à la suite de l’opération « mains propres » qui visait à redonner à la ville sa stature, sa splendeur et surtout son autonomie vis-à-vis de la mafia.

Passé le cap de cette première impression, on se rend compte assez vite que la ville regorge de trésors. Au coin de chaque rue, des églises qui, si elles semblent délabrées à l’extérieur, dégoulinent de dorures à l’intérieur. C’est un contraste saisissant, témoin de la ferveur religieuse de ses habitants. Une image résume assez bien cette impression décalée :

Les trésors de Naples se dévoilent au fil des déambulations dans la ville rouge. Le musée archéologique est une splendeur. On y trouve en particulier une partie des objets et mosaïques extraits des fouilles de Pompéi. Et puis il y a la mer, omniprésente. Les petits ports de pêche au pied du centre-ville, la plage prise d’assaut par les Napolitains le dimanche après-midi et surtout la baie. Il suffit de monter à la forteresse Sant’Elmo pour admirer l’un des plus beaux golfes du monde, le Vésuve et Capri en ligne d’horizon.

Après deux ou trois jours, on prend en pleine face la véritable nature de la ville. On se rend compte que l’on avait tout faux. Cette ville que l’on croit à l’abandon et miséreuse possède une véritable richesse : ses habitants. On peut visiter certaines grandes capitales sans jamais vraiment rencontrer ceux qui la font vivre. À Naples c’est l’inverse : Naples n’est pas une ville musée, c’est une ville qui vit au travers de ces habitants, qui la chérissent ou la maltraitent, mais qui en sont le principal acteur et le meilleur atout.

Je ne sais pas si c’est l’étroitesse des rues, la chaleur ou tout simplement un art de vivre, mais à Naples tout se passe dans la rue. Les habitants se sont approprié l’espace. Dans la journée, ils vivent en bas de chez eux. Il y a les marchés, parfois improvisés sur un étal branlant. Il y a les présentoirs des magasins qui débordent sur la rue. Il y a surtout les familles, qui sortent les chaises sur le pavé et passent un moment à discuter ensemble, avec leurs voisins ou les passants. On a l’impression que tout le monde se connait et que Naples n’est qu’un grand village. On retrouve cette même ambiance, le dimanche sur le bord de mer, dans les transports en commun, mais aussi les restaurants, souvent tenus en famille. C’est d’ailleurs peut-être le secret de la délicieuse cuisine napolitaine, une cuisine familiale qui m’a donné l’occasion de déguster les meilleures pizzas de ma vie.

Oui, si je devais retenir une seule chose de Naples, c’est cette atmosphère unique de ville du sud, ce grand village où les richesses historiques semblent bien moins importantes que la convivialité et le bonheur de vivre ensemble.

Les photos qui suivent sont un extrait assez hétéroclite, mais qui, je le pense, reflète assez bien la diversité de la ville. Après quelques jours à Naples, nous avons poursuivi notre escapade vers les autres sites remarquables de la baie et au-delà : Herculanum, Capri, Pompéi, Sorrente et Positano.

4 réponses sur « Que reste-t-il de Naples ? (2/2) »

Salut Effair

super ces 2 articles sur Naples ! Ca donne juste envie de préparer son sac et de partir en voyage !!

J’aime particulièrement quelques photos (les 2 du dessus avec les parasols sur la plage sont à tomber) mais c’est un ensemble vraiment agréable que tu nous proposes !

Au plaisir !

Très sympa ces articles, comme d’habitude l’écriture est agréable et les photos toujours sympathiques.
Mention spéciale pour la photo de la femme au chapeau surplombant la mer: belle composition et belles couleurs (contraste chaud/froid), je suis vraiment fan !

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