Impression d’une image

Il y a ce moment unique qui démarre juste après avoir appuyé sur le déclencheur de l’appareil. L’impression d’une image réussie, mais qui laissera planer le doute jusqu’à son affichage sur l’ordinateur. Entre les deux, c’est un jeu de certitudes et d’incertitudes. La certitude d’avoir été là au bon moment pour déclencher, d’avoir un sujet intéressant, la bonne lumière, le cadrage et la mise au point comme on le souhaitait. Mais surtout l’incertitude du résultat : un bon sujet et une technique juste n’ont jamais fait une bonne photo. Cette opposition des sentiments m’empêche d’aller plus avant avec la photo prise : elle restera quelques jours sur la carte mémoire. Ainsi, je resterai dans la douce illusion d’avoir une photo intéressante et remettrai à plus tard l’éventuelle déception.

Je n’ai pas de photo à montrer dans cet article. Elle est dans ma carte mémoire et je ne sais pas ce qu’elle vaut. Je le saurai dans quelques jours. Promis, je vous la montrerai.

De dos

dos-2 Il y a des indices qui ne trompent pas sur la qualité d’un photographe de rue. La marque du débutant ou du photographe timide conduit à un type de photos relativement fréquent : les photographies de dos. En cumulant le manque d’expérience et la réserve, je n’échappe pas à cette règle. Oui, après deux ans de pratique irrégulière, on reste un débutant. La photographie de rue exige un exercice quasi quotidien, de l’expérimentation et du culot. En réalité, ce sont des prérequis pour la plupart des types de photographies, mais disons que la photo de rue ne permet pas de faire illusion longtemps.

Balnéaire, l’hiver en couleurs

La-mer-en-couleurs-1

Il y a quelques jours je vous proposais une série de photos : Balnéaire, l’hiver. Avant de publier cette série j’avais longtemps hésité entre la couleur et le N&B. J’avais même demandé l’avis sur Twitter avec la photo ci-dessus : les avis étaient très tranchés. Il est toujours difficile de faire ce choix et encore plus avec le numérique qui offre toute les latitudes de traitement. En réalité plusieurs choses entrent en jeu pour opter pour l’un ou pour l’autre.

Royale correspondance

Chateau-3

Recevoir une lettre manuscrite est devenue une chose rare. En voyant dans ma boite une enveloppe de parchemin scellée par un cachet, la surprise a été totale. Est-ce une farce ? Non, c’est le Château de Versailles qui m’écrit.

Quatre photographies

Deux heures passées dans les rues de Paris à photographier. Peu de déclenchements. Beaucoup d’images supprimées sur le terrain, juste après un aperçu sur l’écran de l’appareil photo. Je sais, c’est mal : la règle veut de tout garder pour mieux voir en grand car quelques bonnes surprises peuvent se cacher parmi ces photos ratées. Je crois quand même que c’étaient de vraies photos ratées.

Retour à la maison. Une semaine passe et je me décide à regarder ce qu’il reste de cette balade : il n’y a que quatre images sur mes cartes mémoires. Une faite avec le X100, 3 avec le 5DII.
Les voici. Je ne sais pas vraiment quoi penser de tout cela. Elles auraient pu finir comme les précédentes, par un appui réflexe sur la touche poubelle du boitier. Elles ont survécu, autant vous les montrer.

The parisian way
The parisian way (5DMkII – 24-70 f/2.8II)
Métro-Beat (Fuji X100)
Métro-Beat (Fuji X100)
Get loud
Get loud (5DMkII – 24-70 f/2.8II)
Zar
Zar (5DMkII – 24-70 f/2.8II)

La mer ou la campagne

Alors, la mer ou la campagne ? A moins que ce ne soit la montagne, mais ça c’est pour plus tard… En attendant j’avais envie de mettre de la couleur dans eiffair après tous les noirs et blancs que vous subissez à longueur d’hiver. Des photos qui ont été prises ses dernières semaines et qui dormaient dans ma bibliothèque Lightroom. Un traitement que beaucoup trouveront radical, mais que j’assume complètement : ces photos n’ont aucune prétention, juste des petites cartes postales, un petit bonjour en passant en attendant la rentrée.

Campagne

Mer

Campagne

Mer

Campagne

Mer

Campagne

Mer

Campagne

Mer

Campagne

Mer

Fantômes

Je m’assieds sur le bord du trottoir et regarde défiler les passants. Ces ombres qui glissent comme des fantômes hyperactifs ne laissent pas indifférents. On peut y voir des rencontres, des agitations, des solitudes. Une agitation frénétique qui cache quantité de petits morceaux de vie.

Tout le monde cherche le bonheur.

Quête

De la diversité nait l’échange.

Liens

A chacun son destin.

Destin

Parfois la solitude au milieu de la foule.

Solitude

La séduction.

Séduction

La rencontre.

Rencontre

La séparation.

Séparation

Comme tous les visiteurs

Je suis allé au Château de Versailles. C’est un endroit à la fois étrange et familier. Parce qu’il est un passage obligé des cours d’histoire de tous les petits élèves français, il appartient à l’imaginaire collectif. Sublimé par l’image rayonnante que l’on donne du roi Soleil, les enfants que nous avons été voient Versailles comme un endroit un peu magique. Cette image a traversé les frontières et tout visiteur étranger qui se rend en France se doit d’y aller. C’est aussi pour cela que c’est un lieu étrange. Le château est devenu un musée et un musée quelque part tient un peu du sépulcre. Un lieu transformé pour le visiteur, organisé pour le recevoir mais qui a pour cela du vendre une partie de son âme. A Versailles, les touristes sont plus visibles que le château, c’est la rançon de sa gloire passée.

Parmi les miens

Ce dimanche matin a un air printanier. Et même si la chaleur du soleil ne parvient pas à faire oublier le vent glacial, l’idée d’une escapade vient tout naturellement. Justement, mon frère me propose de l’accompagner avec ses amis à une brocante. Non pas la brocante de village habituelle, celle où l’on trouve par douzaines des tasses orphelines, des assiettes aux décors improbables ou des vêtements que même Cloclo refuserait de porter aujourd’hui. Rien de tout cela ici. Le petit village où nous nous rendons devient l’espace d’une journée le rassemblement des amateurs de tôle souvent froissée et de mécaniques toujours cahotantes, un rassemblement d’amateurs de voitures anciennes.

La manifestation est modeste mais l’enthousiasme n’en est pas moins là, et les visiteurs se pressent devant les quelques modèles exposés de chaque côté de la rue. Nous nous attardons juste ce qu’il faut pour ne pas être congelés sur place et rejoignons le lieu de la brocante. Les moins chanceux des exposants ont hérité d’un stand en plein air. On mesure ici toute la passion de ces marchands amateurs qui tapent des pieds et soufflent dans leur main en attendant l’acheteur providentiel. Ici, tout ce qui peut se rapporter de près ou de loin à l’univers de l’automobile peut se trouver. En témoigne cette collection de panneaux indicateurs au milieu desquels trône un matelas pneumatique Fina des années 70 (notez la mise en scène à la fois coquine et républicaine).

Après un rapide tour, nous nous pressons comme beaucoup vers l’intérieur de la salle de sport. Ici l’ambiance est plus animée, les travées d’exposant remplissent la salle et la relative chaleur n’est pas pour rien dans ce regain d’animation. Il faut être connaisseur et savoir ce que l’on cherche pour s’y retrouver dans ce capharnaüm d’objets : pièces mécaniques, phares, roues, ampoules, manuels mécaniques, bidons d’huile, compteurs, fusibles, boutons en tout genre, poignées de porte, voitures miniatures, affiches publicitaires, porte-clés, etc, etc.

Mon frère qui cherchait des enjoliveurs pour sa dernière acquisition n’a pas trouvé son bonheur, il faut dire que rien n’est étiqueté et que la plupart des objets sont empilés sans ménagement. En une heure nous avions fait le tour, direction le bar pour un vin chaud salvateur.

Au retour, nous passons déposer chez lui un des amis de mon frère. C’est un jeune dans la vingtaine qui perpétue la passion de son père pour les tracteurs anciens. Ils en ont plusieurs dizaines (centaines peut être) qu’ils vont chercher aux quatre coins d’Europe et qu’ils restaurent. Il nous montre quelques exemplaires de sa collection dont ce Case de 1906 entièrement restauré (il ne restait que le moteur et le châssis) et le seul exemplaire encore roulant.

De retour en région parisienne, j’ai conscience que cette matinée est de celle qui font les bons souvenirs, les souvenirs que l’on n’oublie plus. Le fait d’avoir partagé un moment avec mon frère, que je ne vois pas souvent y est pour beaucoup. Celui d’être au contact de la vie provinciale aussi, tellement j’ai perdu ce lien avec ces réalités si éloignées des artifices de la vie citadine. Tout simplement d’être parmi les miens. Mais il me semble aussi que la rencontre d’autres passionnés et la partage de leur passion joue pour beaucoup. Je réalise à quel point la passion que j’éprouve pour la photographie a quelque chose d’universel avec tous les passionnés quelqu’ils soient. Réussir à transmettre sa passion même lorsqu’elle touche quelqu’un qui y est à priori étranger rend heureux aussi bien celui qui donne que celui reçoit. La découverte de cet univers, de ce passionné de tracteurs anciens, du partage de quelque chose qui m’était inconnu a été un moment unique et merveilleux.

Quelques liens pour prolonger la lecture :

Les yeux derrière la tête

Entre la Frette et Herblay, on peut longer la Seine sur les rives aménagées, celles qui ont vu les plus grands maîtres de l’impressionnisme produire des chefs d’oeuvre à la pelle. Ici, les rives de la Seine sont abruptes et le chemin que l’on emprunte est tracé sur des espaces verts en bordure de la route qui surplombe. Cette route, ou plutôt cette rue marque ainsi la limite entre la ville et la nature.

Un appareil photo en poche, on peut se prendre pour Pissaro ou Daubigny et céder à la tentation de "la photo de paysage bucolique". Les sujets ne manquent pas : les berges du fleuve, les péniches, les roseaux, les saules, les oiseaux. Clic (juste pour signaler que le X100 fait juste un petit clic et pas un grand clac), les roseaux sont dans la boite. Et après ? Les canards ? Avez-vous remarqué avec quelle frénésie les canards attirent les photographes amateurs, comme si ces bestioles avaient un pouvoir hypnotisant sur tout porteur d’appareil passant à portée d’aile. Le canard est au photographe ce que la Sirène est au marin, un appel irrationnel au suicide photographique.