Faire du sport à la maison

Je n’ai pas attendu d’être confiné pour essayer de faire de l’activité physique à la maison. La flemme de sortir les jours de mauvais temps et une fasciite plantaire récalcitrante qui m’empêche de courir depuis des mois m’ont obligé à trouver des alternatives. J’ai testé quelques formules, à commencer par la méthode des 7 minutes workout, la promesse d’avoir des entraînements courts et efficaces. On trouve de nombreuses applications, plutôt bien faites, mais le côté répétitif de la méthode a vite eu raison de ma motivation. Je me suis retourné vers des solutions plus classiques, Adidas Training by Runstastic (ex Results) en l’occurrence, mais avec le même résultat : les mêmes exercices qui reviennent trop souvent, une progression mal calibrée qui décourage assez vite.

La lumière est venue de @cgpgray, l’acolyte de Myke Hurley dans l’excellent podcast Cortex. Au fil des épisodes il ne cessait de vanter les mérites d’une app qui l’avait réconcilié avec l’exercice physique : Fitbod. J’utilise Fitbod depuis plusieurs semaines et je dois bien avouer qu’il avait raison.

Mais alors, pourquoi ça marche ?

Fitbod est une application, conçue à l’origine pour préparer et suivre ses entraînements de musculation en salle. Si vous êtes bodybuilder ou simple amateur de gonflette, c’est l’app qu’il vous faut. Mais Fitbod va bien au-delà de cette seule fonction car il offre des fonctions de personnalisation vraiment bien pensées au travers de profils d’entraînement (et vous pouvez même créer plusieurs profils d’entraînement). Vous pouvez évidement indiquer vos objectifs (renforcement musculaire, remise en forme, gain de masse musculaire, etc.), votre niveau d’entraînement (débutant, intermédiaire ou avancé), la fréquence et la durée des exercices, inclure les échauffements ou du cardio et plus encore.

Rien que du très classique, mais là où Fitbod se différencie c’est dans la capacité d’indiquer le matériel auquel vous avez accès. Et la liste est longue. Au-delà des équipements classiques que l’on trouve en salle de sport il y a toute une panoplie d’accessoires que l’on peut facilement avoir chez soi : haltères, élastiques, ballons, kettle balls, cordes à sauter, marche-pieds, etc. Evidemment plus vous en ajoutez, plus les exercices sont variés.

Pour les entraînements, la personnalisation est aussi poussée. Vous pouvez laisser Fitbod vous proposer des séances, créer vos propres séances avec les exercices de votre choix, exclure certains exercices que vous ne pouvez pas faire ou que vous n’aimez pas, choisir de ne faire que des exercices utilisant le poids du corps, gérer les temps de repos entre séries, etc.

Une fois l’entraînement lancé, tout n’est pas figé, vous pouvez à tout moment, et même en cours d’entraînement modifier les répétitions, le poids, ajouter des exercices ou les remplacer par des équivalents si ceux proposés ne vous conviennent pas. Le système d’enregistrement est simple : à chaque série, on indique qu’elle est réalisée et l’application passe automatiquement à la suivante, ou à l’exercice suivant, ou au chrono de récupération. Au final, vous enregistrez exactement ce que vous avez fait et même indiquez le niveau de difficulté que vous avez ressenti et l’app adaptera votre prochain entraînement en conséquence.

La variété est au rendez-vous, on découvre de nombreux nouveaux exercices (chaque exercice a son explication détaillée avec vidéo) et chaque séance cible des groupes musculaires différents basés sur le taux de récupération musculaire. La récupération musculaire est représenté sur la page d’accueil ou l’on peut voir le niveau de sollicitation récente sur chaque muscle. C’est là où j’ai découvert de nouveaux muscles que je ne pensais pas exister chez moi.

Une seule précision pour finir. L’app existe uniquement en Anglais pour le moment. Si c’est un souci pour vous, testez quand même. Avec un bon dictionnaire vous devriez assez vite saisir les noms des exercices et appareils, la navigation dans l’app étant assez intuitive.

C’est gratuit !

L’application est gratuite et vous permettra de faire vos trois premiers entraînements. Ensuite, il faudra prendre un abonnement pour bénéficier de toutes les fonctionnalités. A 61,99€ /an, le tarif me paraît raisonnable si on le compare à un abonnement à n’importe quelle activité physique.

La bonne nouvelle, c’est que Fitbod a décidé de donner accès gratuitement aux fonctionnalités d’entraînement « poids du corps » pendant la période de confinement. C’est une bonne occasion de découvrir l’app et de s’entraîner chez soi, sans matériel.

Passion café

Je fais partie de cette génération d’enfants élevés au café filtre. Dans les années 70, l’invention de la cafetière électrique m’a fait échapper à la boisson que mes parents connaissaient, la mélange de café et chicorée que leur préparaient mes grands parents, seule boisson abordable et disponible aux années d’après guerre.

Cette habitude m’a poursuivi très tardivement. Impossible pour moi de boire un expresso dans un café sans faire une grimace, mon palais agressé par une vague d’amertume. Mon histoire avec le café ne s’est pas arrêtée là. En réalité, ma consommation a suivi les évolutions du marché, une consommation qui a été profondément bouleversée en France et dans le monde depuis les 50 dernières années. On décrit cette évolution en termes de vagues et l’air de rien, nous avons déjà allègrement passé la troisième.

Le café à la conquête du monde

Lorsque le café est arrivé en Europe au début du XVIIe siècle, il a connu rapidement le succès. En 1675, il y avait déjà 300 maisons de café à Londres. Paris a suivi avec l’ouverture du premier café dans les années 1680 alors que la boisson envahissait le reste du monde. Au cours des deux siècles suivants, le café est devenu la boisson préférée dans toute l’Europe mais aussi aux États Unis. Une véritable industrie était née car jusque dans les années 1970, le café était considéré comme un produit industriel.

Il fallait fournir d’énormes quantités, peu importait la qualité. Ne vous y trompez pas, El Gringo de nos publicités Nescafé n’y connaissait rien en café, seulement en négociation de prix. On appelle cette longue période la première vague, celle du café qui a conquis le monde, le café de commodité. Commodité dans le sens produit de base comme l’eau ou l’électricité. Ce café de commodité, c’est encore celui qui représente la quasi totalité de la consommation mondiale. C’est le paquet que vous trouvez au supermarché, l’expresso que vous buvez au bar du coin. Vous vous souvenez, celui qui me faisait grimacer quand j’étais adolescent, que j’ai fini par apprécier par habitude et que j’évite quand je le peux maintenant.

Deuxième vague

Elle prend naissance aux États-Unis et peut même être datée. En 1966, Alfred Peet, un immigré néérlandais ouvre un magasin à Berkeley où il vendait de petits lots de café torréfiés à la manière des pays nordiques européens (une torréfaction plus légère). Parmi ces clients impressionnés par la qualité de ses cafés 3 étudiants de San Francisco (Jerry Baldwin, Zev Siegl et Gordon Bowker) décident d’ouvrir leur propre magasin à Seattle avec des grains de haute qualité et des équipements de torréfaction, ils l’ont appelé Starbucks Coffee, Tea and Spices. Oui Starbucks. C’est à cette époque que l’on a commencé à proposer des cafés mentionnant le pays d’origine et favorisant la qualité. Ces nouveaux acteurs ont également travaillé sur l’expérience de consommation du café en proposant de nouvelles recettes (mixant l’expresso avec du lait ou des sirops) mais aussi de nouveaux lieux pour une nouvelle expérience : les coffee-shops. Le marché du café de commodité a naturellement tenté de profiter de cette deuxième vague en proposant de nouveaux produits plus qualitatifs, ou présentés comme tels, les dosettes puis les capsules. Je suis aussi passé par cette phase, abandonnant la cafetière filtre pour une Senseo puis Nespresso. Sans le savoir, j’étais prêt pour la troisième vague.

Régler l’écran tactile Fujifilm (lien)

J’ai commencé à utiliser mon X100V ce week-end et je dois dire que c’est une bombe. Il y’a cependant une fonction qui m’a causé pas mal de déconvenues et d’énervements, c’est l’écran tactile. Des appuis intempestifs m’ont fait faire pas mal d’erreurs et comme je n’ai pas terminé la lecture du manuel, je n’avais pas toutes les clés pour trouver les bons réglages (je sais que j’aurais dû commencer par ça, mais impossible d’attendre d’avoir lu les 300 pages avant de partir à l’aventure).

C’est mon premier appareil avec écran tactile et pour compliquer les choses, les réglages Fuji concernant cette fonction sont éparpillés un peu partout. Heureusement, le pape des reviewers, Ken Rockwell a fait une excellente vidéo qui explique tout cela de façon claire et complète. La démonstration est réalisée sur un X-T30 mais les réglages sont les mêmes pour tous les appareils Fuji à écran tactile. J’ai tout compris et je pense que mes petits frictions de prise en main vont disparaître avec les bons réglages. Merci qui ? Merci Ken !

Fuji X100V : Sortie de boîte

Comme vous l’aviez compris à la lecture de mes premières impressions lors de la présentation du X100 cinquième génération, j’ai remplacé mon X100T après 5 années de bon et loyaux services. J’ai récupéré le nouveau bébé hier soir et je vous livre en vrac mes sentiments à l’ouverture de la boîte. La boîte justement a pris un peu de volume, essentiellement en raison des deux énormes manuels papier car pour le reste, le contenu est à la baisse. Fujifilm a décidé de ne plus livrer de chargeur de batterie avec ses appareils. C’est certainement une question d’économie et peut-être d’écologie car, en adoptant un connecteur USB-C sur ses appareils, on peut recharger la batterie en connectant l’appareil sur n’importe quel chargeur USB-C. Reste que si vous souhaitez avoir plusieurs batteries pour charger en temps masqué, il vous faudra investir dans un chargeur séparé. La bonne nouvelle est que le X100T adopte la grosse batterie W126S que l’on trouve sur le reste de la gamme. C’est une promesse d’une autonomie en forte hausse (c’était le point faible de la série X100 depuis le début). L’autre bonne nouvelle, c’est que je vais pouvoir partager mon stock de batteries avec le X-T2 mais également le chargeur.

La première prise de contact avec un appareil, le toucher, le voir, forge souvent les impressions qui dureront. A ce titre, le X100V m’a tout simplement bluffé. La qualité perçue de l’appareil a fait un énorme bond par rapport au X100T – c’était peut-être déjà le cas avec la version F mais je n’en ai jamais eu entre les mains. Les matériaux sont superbes, en particulier le capot supérieur en aluminium. Le poids légèrement supérieur (40g de plus) y est peut peut-être aussi pour quelque chose. En réalité, je pense que cette impression de qualité est grandement due au nouveau design. J’aime les angles acérés du capot, le fait qu’il soit complètement plat et sa forme inclinée sur l’arrière. Le dessin est plus sobre, chaque chose est à sa place et le tout respire la confiance tant dans le choix des matériaux que des assemblages. Sans atteindre les niveaux de la marque au point rouge (celle qu’on ne peut nommer quand on a un X100 car il paraît qu’on ne peut pas comparer), on sent une certaine inspiration germanique de la part des designers nippons.

J’en suis encore au stade de la découverte, ce qui veut dire pour moi lire le manuel en entier. Oui, j’aime lire les manuels avant d’utiliser un nouvel appareil. Avec 300 pages, cela va me prendre un certain temps. Je peux cependant ajouter deux ou trois points sur les premières minutes passées à manipuler l’appareil :

  • L’écran m’a semblé plus petit, il a pourtant la même taille que sur le T, 3 pouces. Par contre, L’intégration du système articulé est superbe. Fermé, l’écran ne trahit en rien l’esprit d’origine du X100. A part la petite encoche sur le côté, on ne le remarque même pas.
  • L’écran tactile semble être assez sensible et je me suis retrouvé plusieurs fois à l’activer involontairement. J’avais déjà lu cette remarque, c’est à confirmer en utilisation sur le terrain.
  • La molette de sélection des vitesses est plus dure, plus qualitative. Par contre la molette intégrée de sélection des ISO n’est pas très lisible (il vaut mieux contrôler les valeurs à l’écran pendant que l’on tourne la molette) et semble un peu fragile lorsqu’on la soulève.
  • La mise au point manuelle bénéficie d’une nouvelle motorisation. Elle semble plus réactive et ainsi plus facile à utiliser, mais le moteur me paraît aussi plus bruyant.
  • La prise en main est parfaite. La poignée semble plus proéminente et propose surtout un renflement plus marqué et donc plus sécurisant pour une tenue à une main.
  • La disposition des boutons est nettement meilleure. Il y a moins de boutons avec la disparition du multi-pad. Cela ne me gêne pas, au contraire, il y a plus de place pour positionner son pouce sur le dos de l’appareil et la disposition des autres boutons me paraît idéale. Après quelques minutes, j’avais déjà trouvé mes marques.

Ce ne sont là que quelques impressions à chaud. Le point le plus remarquable est la qualité de fabrication et le sentiment d’avoir un appareil sérieux. Fini l’aspect « jouet » que l’on pouvait parfois ressentir avec les versions précédentes (surtout l’original). C’est un appareil qui donne envie de photographier, et c’est l’essentiel. Je m’arrête ici car cela n’a pas plus d’intérêt, ce qui est important c’est le terrain et les images qu’il me permettra de faire. Alors, rendez-vous dans quelques jours pour savoir réellement ce que j’en pense.

Je photographie des gens : j’ai le droit ?

S’il est un sujet sensible voire polémique parmi les photographes de rue, c’est bien celui du droit de photographier des inconnus. Il est parfois difficile de trouver les bonnes réponses sur le net, parmi la pléthore d’articles fantaisistes. Quelques sources de confiance peuvent être consultées sur le sujet. En premier lieu l’excellent article de Thomas Hammoudi, réactualisé tout récemment « Vous avez le droit de prendre en photos les gens dans la rue ? ». Son article cite une autre source très complète et assez exhaustive sur le sujet publié sur Les Numériques : Droit à l’image et photo de rue (partie 1) et sa deuxième partie. Je ne serais pas complet sans nommer la spécialiste Joëlle Verbrugge avec son site Droit et Photographie (une mine d’informations).

En relisant ces articles, je me suis dit qu’un petit résumé sous forme de logigramme pourrait m’aider… et peut-être vous par la même occasion. En réalité il y a deux logigrammes, car le droit sépare clairement ce que l’on peut photographier, le fait de déclencher et ce que l’on peut diffuser. Comme vous le voyez, on peut « presque » tout photographier, c’est plutôt une question d’éthique personnelle et de respect d’autrui.

Pour la diffusion, les règles sont plus précises.

Ces graphiques n’ont pas la prétention de répondre à toutes les questions. Par exemple, une question fréquente est celle de la monétisation des oeuvres d’artiste et comment elle se distingue d’une pratique commerciale. C’est un sujet à part entière pour lequel le site de Joëlle Verbrugge peut vous donner beaucoup de réponses, en particulier sa FAQ. Il y a peut-être également des imprécisions, n’hésitez-pas à me les signaler.

Fujifilm en dit plus sur les origines de la série X100

A lire sur DPReview : Interview: Fujifilm X100V – ‘We decided we could change more in the fifth generation’

The first-generation X100 was created according to a set of tenets: The best quality, a good user experience, and styling that would tell photographers at a glance that this was a serious camera. That was a big reason why we chose this kind of classic style.

Une interview passionnante de Maszumi Imai (Chief Designer) and Shinichiro Udono (Senior Manager) de chez Fujifilm où on découvre les origines de la série des X100 mais aussi la réflexion qui a mené les équipes au développement de la cinquième génération, le X100V.

Petite philosophie du dimanche soir

Dimanche soir. Il est peut-être le moment de rallumer ses neurones pour la semaine qui débute. Je vous propose une vidéo dévouverte par le subreddit r/philosophy. C’est la dernière production de Nathaniel Drew, un YouTubeur que j’ai également découvert par la même occasion. Sa spécialité, la philosophie ou plutôt : « je me pose des questions » qui pourrait être la traduction de l’accroche de sa chaîne « In search of mental clarity ». Pour la vidéo du jour, on va au coeur du sujet principal : l’existentialisme. Suis-je ? Pourquoi je suis ? Est-ce que tout cela est bien réel ? Pourquoi je me pose toutes ces questions ?

Le talent de Nathaniel est d’avoir réussi à m’intéresser à ce sujet, qui je l’avoue, n’est pas vraiment au coeur de mes réflexions devant mon café du matin. Ses vidéos sont des modèles du genre dans la catégorie « instructif ». Superbe montage, excellentes animations, propos clair, belles images. Abonné illico !

Séries surprises

Alors que je n’ai jamais été un grand consommateur de séries, génération oblige, l’arrivée de Netflix à la maison il y a deux ou trois ans a complètement transformé ma consommation – comme dans beaucoup de foyer j’ai bien l’impression. Après avoir éclusé les incontournables (Breaking Bad, Bates Motel, Orange is the New Black, The Walking Dead, Peaky Blinders, Bates Motel, GOT, etc, etc.) arrive le moment où on essaie d’explorer d’autres pistes, d’autres genres, d’autres ambiances. Ce sont ces explorations qui font émerger les meilleures surprises. Deux séries viennent de confirmer, avec leur deuxième saison, l’émotion qu’elles m’avaient données à leur sortie. Je veux parler de Sex Education (Netflix) et Fleabag (Amazon Prime).

Si vous vous attachez uniquement aux bandes annonces, elles semblent traiter d’un seul et même sujet, le sexe. En réalité, ce n’est qu’un alibi, le support à des histoires bien plus profondes (!) : comment chacun essaie de se débrouiller dans la vie, avec ses petits et ses grands problèmes, ses difficultés à gérer ses relations avec l’autre, qu’il soit ami, amour ou amant.

Les deux séries sont pourtant très différentes dans la forme, bien que la touche britannique tendrait à les rapprocher. Elles ne s’adressent a priori pas à la même audience. Sex Education serait une série pour ados, Fleabag, par son propos plus direct, plutôt pour les adultes. Au fil des épisodes elles opèrent pourtant toutes les deux un même effet : le charme. On tombe littéralement sous le charme des personnages, des situations drôles et touchantes, des rapports humains qui s’y nouent. Je n’ai pas peur de le dire, ce sont deux séries que l’on peut mettre dans la catégorie « feel good » et je ne considère pas cela comme un jugement péjoratif. Elles démontrent qu’une série n’a pas besoin de manipulateurs, de traitres et de sang pour être intéressantes. Elles font du bien sans jamais tomber dans la facilité, le pathos ou le gentillet.

J’ai adoré comment le personnage de Fleabag, pas si sympathique que cela au début de la saison, fini par emporter notre coeur par ses doutes, ses errements et toute son humanité. Sans parler du génie de son auteur-interprète, la justement multi-récompensée Phoebe Waller-Bridge. Chacune des deux saisons vous laisse une empreinte qui vous tient quelques temps : une sorte de mélancolie heureuse.

Cette mélancolie, on la retrouve dans Sex Education, tellement chacun des personnages est attachant. On finit avec l’impression de laisser des gens que l’on connaît, un peu triste de devoir attendre un an pour les revoir dans son salon. On se prend même à croire qu’ils continuent à vivre leurs aventures pendant cette absence, et on aimerait bien savoir ce qu’ils font et s’ils s’en sortent.

Et cela, c’est le tour de force de ces deux séries, quelque chose que je n’ai ressenti dans aucune autre, l’impression d’avoir un peu vécu ces aventures avec des gens sympas.

Fuji X100V : L’odyssée continue

Beaucoup d’excitation mardi soir dans la communauté des Fujistes avec la présentation au X-Summit de Londres de la cinquième génération du X100. Cet appareil, symbole du renouveau de la marque au début des années 2010 a toujours gardé une place à part dans la gamme Fuji, une sorte d’icône. A chaque itération, Fujifilm doit réaliser l’exploit de le faire évoluer sans qu’il perde son charme et surtout son âme. Je ne vais pas revenir en détail sur les nouveautés, vous les trouverez facilement sur les sites de news photo habituels. Cependant, si vous ne devez lire qu’un seul article sur le X100V c’est celui de Jonas Rask, qui fait encore très fort après sa couverture toute en images du X-Pro3 il y a quelques semaines.

Ce sont surtout les premières lignes de son article qui ont tout spécialement trouvé écho en moi. A tel point que j’aurais pu écrire exactement les mêmes mots (à la seule différence de Aarhus, ville certainement charmante mais que je ne connais pas).

I still remember that day back in 2011. That day where I went into a local photostore here in Aarhus, and impulse purchased my X100 camera. At the time I had a Canon DSLR, but the acquisition of the X100 camera changed my life. And I’m not exaggerating. From that moment on, until this very day, I have used and loved the Fujifilm X series eco-system.

J’ai déjà longuement décrit ici comment, il y a 10 ans, le X100 a changé irrémédiablement ma façon de voir la photographie. Il a transformé le photographe que j’étais, celui qui privilégiait le spectaculaire au sensible. Ce photographe, c’est celui dont la préoccupation principale était d’avoir le tout dernier Canon avec le gros zoom qui va avec (surtout s’il avait un liseré rouge) parce que ça fait des bokeh incroyables. Avec le X100, j’ai compris que la photographie, c’était quelque chose de beaucoup plus intime, que l’appareil devait devenir le prolongement de son œil, lui-même guidé par ses sensations. En me permettant d’avoir toujours sur moi un appareil qui me procurait un tel plaisir à faire des images, la transformation était inévitable.

Je me souviens encore de l’enthousiame qu’avait soulevé ce modèle à son annonce. L’écran hybride, le design néo-rétro et surtout une proposition qui n’existait pas vraiment : un compact à objectif fixe aux caractéristiques avancées. Depuis, d’autres ont suivi sa trace (Ricoh GR et Leica Q pour ne citer que les plus remarquables) mais le X100 continue de garder ce je-ne-sais-quoi que la concurrence cherche encore. Mon histoire avec le X100, débutée en 2012 n’a pourtant pas toujours été sans accroc techniquement. La première version, toute exaltante qu’elle pouvait être, était surtout bourrée d’imperfections techniques qui compliquaient souvent son utilisation, obligeant à trouver des astuces pour les contourner. Le X100S avait déjà corrigé un grand nombre de ces imperfections mais c’est réellement avec la version T que l’âge de la maturité est arrivée, pas que je franchit en 2015. A l’achat du X100T, je n’ai pas pu me séparer de mon X100 d’origine, pas pour alimenter une collection – je n’ai pas l’âme d’un collectionneur – mais simplement parce que cet appareil a une place particulière dans mon parcours photographique. Impossible de m’en séparer.

Cinq ans après, je peux raisonnablement me poser la question de ce que pourrait m’apporter un saut vers deux versions en avant (Le X100F n’étant pas passé sous mon radar GAS). Ou plutôt, quelles limites du X100T seraient seraient un motif suffisant pour aller vers le beau V. Je dirais que la performance globale de l’appareil est ce qui me gêne le plus au quotidien. Je parle du temps d’allumage et de l’autofocus. Rien de rédhibitoire mais lorsque je passe du X-T2 au X100T, la différence est relativement notable.

Au-delà de ce qui me manque sur le X100T, je dois avouer que l’ensemble des améliorations apportées sur le X100V en font tout à coup le X100 presque parfait, celui dont on peut rêver. Et ainsi, celui que l’on veut avoir. Les principales pour moi :

  • Un nouvel objectif qui offre une meilleure définition (plus spécialement dans les angles avec un travail spécifiquement adapté au capteur – l’avantage de proposer un objectif fixe). J’espère aussi un gain en rapidité d’AF pour des prises de vue sur le vif, même si le gain par rapport à mon X100T sera surtout lié au processeur et aux algorithmes.
  • un nouveau capteur qui me fait sauter deux générations et surtout passer de 16MP à 26 (crop power).
  • Un nouveau viseur hybride avec technologie OLED, plus agréable et fidèle pour profiter des nouvelles simulations de films.
  • L’écran orientable, vraiment utile pour certains cadrages acrobatiques. Je l’utilise régulièrement sur mon X-T2. J’avoue avoir craint le pire (en terme de design) avant l’annonce lorsque des rumeurs parlaient de cet écran orientable, mais l’intégration qu’ils ont réussi à obtenir est tout simplement incroyable. On ne le remarque quasiment pas.
  • De nouvelles simulations de film, car c’est surtout pour la qualité des JPEG et la beauté des couleurs de simulation de film que l’on aime les Fuji. J’utilise Classic Chrome sur un grand nombre de mes photos et je sens que le Classic Neg (au vu des images faites sur le X-Pro 3) va devenir mon nouveau chouchou.
  • La resistance tout temps est intéressante pour moi. J’aime photographier les jours de pluie et devoir constamment veiller à la protection de l’appareil n’est pas toujours facile.
  • Pour finir, de réelles capacités vidéo, domaine dans lequel le X100T avait pratiquement fait l’impasse.

Il y’a un autre aspect assez irrationnel qui en fait un appareil ressui, c’est son nouveau design. Oui, il y a bien un nouveau design, et je ne parle pas de nouveaux matériaux (l’utilisation de l’aluminium présente façon MacBook Pro). Je veux parler du tour du travail des designers de Fuji, d’ailleurs la partie peut-être la plus captivante de l’annonce faite à Londres. En simplifiant les lignes, en équilibrant l’emplacement des boutons, molettes et fenêtres le X100 marque ses dix avec une présentation résolument moderne. Et tout cela sans avoir trahi une once de l’âme du modele de 2012. Quel panache !

J’ai bien conscience qu’aucune de ces caractéristiques techniques ne fera de moi un meilleur photographe. Mais il y a une chose qui fonctionne chez moi : le plaisir d’avoir un bel outil, un outil que j’ai envie d’utiliser plus souvent, que j’ai envie d’emmener avec moi partout, une source de motivation et d’inspiration. Vous l’avez compris, mon X100T est à vendre, une nouvelle aventure commence. Toujours avec un X100 car si je partage l’introduction de l’article de Jonas Rask, j’en partage aussi la conclusion : si je devais emporter un seul appareil sur une île déserte, ce serait un X100.

Des Apps pour votre iPad

Si, comme moi, votre iPad est en train de devenir votre ordinateur principal, cette vidéo de Christopher Lawley devrait être une grande source d’inspiration pour trouver les Apps qu’il vous faut. Il décrit également les nombreux Shortcuts qu’il a développés pour faire de son iPad un outil de travail plus productif (avec les liens pour les télécharger).

J’utilise une grande partie de ses Apps, certaines ne me sont pas utiles, mais j’en ai repéré une ou deux qui pourraient m’intéresser.