Fuji X100V : L’odyssée continue

Beaucoup d’excitation mardi soir dans la communauté des Fujistes avec la présentation au X-Summit de Londres de la cinquième génération du X100. Cet appareil, symbole du renouveau de la marque au début des années 2010 a toujours gardé une place à part dans la gamme Fuji, une sorte d’icône. A chaque itération, Fujifilm doit réaliser l’exploit de le faire évoluer sans qu’il perde son charme et surtout son âme. Je ne vais pas revenir en détail sur les nouveautés, vous les trouverez facilement sur les sites de news photo habituels. Cependant, si vous ne devez lire qu’un seul article sur le X100V c’est celui de Jonas Rask, qui fait encore très fort après sa couverture toute en images du X-Pro3 il y a quelques semaines.

Ce sont surtout les premières lignes de son article qui ont tout spécialement trouvé écho en moi. A tel point que j’aurais pu écrire exactement les mêmes mots (à la seule différence de Aarhus, ville certainement charmante mais que je ne connais pas).

I still remember that day back in 2011. That day where I went into a local photostore here in Aarhus, and impulse purchased my X100 camera. At the time I had a Canon DSLR, but the acquisition of the X100 camera changed my life. And I’m not exaggerating. From that moment on, until this very day, I have used and loved the Fujifilm X series eco-system.

J’ai déjà longuement décrit ici comment, il y a 10 ans, le X100 a changé irrémédiablement ma façon de voir la photographie. Il a transformé le photographe que j’étais, celui qui privilégiait le spectaculaire au sensible. Ce photographe, c’est celui dont la préoccupation principale était d’avoir le tout dernier Canon avec le gros zoom qui va avec (surtout s’il avait un liseré rouge) parce que ça fait des bokeh incroyables. Avec le X100, j’ai compris que la photographie, c’était quelque chose de beaucoup plus intime, que l’appareil devait devenir le prolongement de son œil, lui-même guidé par ses sensations. En me permettant d’avoir toujours sur moi un appareil qui me procurait un tel plaisir à faire des images, la transformation était inévitable.

Je me souviens encore de l’enthousiame qu’avait soulevé ce modèle à son annonce. L’écran hybride, le design néo-rétro et surtout une proposition qui n’existait pas vraiment : un compact à objectif fixe aux caractéristiques avancées. Depuis, d’autres ont suivi sa trace (Ricoh GR et Leica Q pour ne citer que les plus remarquables) mais le X100 continue de garder ce je-ne-sais-quoi que la concurrence cherche encore. Mon histoire avec le X100, débutée en 2012 n’a pourtant pas toujours été sans accroc techniquement. La première version, toute exaltante qu’elle pouvait être, était surtout bourrée d’imperfections techniques qui compliquaient souvent son utilisation, obligeant à trouver des astuces pour les contourner. Le X100S avait déjà corrigé un grand nombre de ces imperfections mais c’est réellement avec la version T que l’âge de la maturité est arrivée, pas que je franchit en 2015. A l’achat du X100T, je n’ai pas pu me séparer de mon X100 d’origine, pas pour alimenter une collection – je n’ai pas l’âme d’un collectionneur – mais simplement parce que cet appareil a une place particulière dans mon parcours photographique. Impossible de m’en séparer.

Cinq ans après, je peux raisonnablement me poser la question de ce que pourrait m’apporter un saut vers deux versions en avant (Le X100F n’étant pas passé sous mon radar GAS). Ou plutôt, quelles limites du X100T seraient seraient un motif suffisant pour aller vers le beau V. Je dirais que la performance globale de l’appareil est ce qui me gêne le plus au quotidien. Je parle du temps d’allumage et de l’autofocus. Rien de rédhibitoire mais lorsque je passe du X-T2 au X100T, la différence est relativement notable.

Au-delà de ce qui me manque sur le X100T, je dois avouer que l’ensemble des améliorations apportées sur le X100V en font tout à coup le X100 presque parfait, celui dont on peut rêver. Et ainsi, celui que l’on veut avoir. Les principales pour moi :

  • Un nouvel objectif qui offre une meilleure définition (plus spécialement dans les angles avec un travail spécifiquement adapté au capteur – l’avantage de proposer un objectif fixe). J’espère aussi un gain en rapidité d’AF pour des prises de vue sur le vif, même si le gain par rapport à mon X100T sera surtout lié au processeur et aux algorithmes.
  • un nouveau capteur qui me fait sauter deux générations et surtout passer de 16MP à 26 (crop power).
  • Un nouveau viseur hybride avec technologie OLED, plus agréable et fidèle pour profiter des nouvelles simulations de films.
  • L’écran orientable, vraiment utile pour certains cadrages acrobatiques. Je l’utilise régulièrement sur mon X-T2. J’avoue avoir craint le pire (en terme de design) avant l’annonce lorsque des rumeurs parlaient de cet écran orientable, mais l’intégration qu’ils ont réussi à obtenir est tout simplement incroyable. On ne le remarque quasiment pas.
  • De nouvelles simulations de film, car c’est surtout pour la qualité des JPEG et la beauté des couleurs de simulation de film que l’on aime les Fuji. J’utilise Classic Chrome sur un grand nombre de mes photos et je sens que le Classic Neg (au vu des images faites sur le X-Pro 3) va devenir mon nouveau chouchou.
  • La resistance tout temps est intéressante pour moi. J’aime photographier les jours de pluie et devoir constamment veiller à la protection de l’appareil n’est pas toujours facile.
  • Pour finir, de réelles capacités vidéo, domaine dans lequel le X100T avait pratiquement fait l’impasse.

Il y’a un autre aspect assez irrationnel qui en fait un appareil ressui, c’est son nouveau design. Oui, il y a bien un nouveau design, et je ne parle pas de nouveaux matériaux (l’utilisation de l’aluminium présente façon MacBook Pro). Je veux parler du tour du travail des designers de Fuji, d’ailleurs la partie peut-être la plus captivante de l’annonce faite à Londres. En simplifiant les lignes, en équilibrant l’emplacement des boutons, molettes et fenêtres le X100 marque ses dix avec une présentation résolument moderne. Et tout cela sans avoir trahi une once de l’âme du modele de 2012. Quel panache !

J’ai bien conscience qu’aucune de ces caractéristiques techniques ne fera de moi un meilleur photographe. Mais il y a une chose qui fonctionne chez moi : le plaisir d’avoir un bel outil, un outil que j’ai envie d’utiliser plus souvent, que j’ai envie d’emmener avec moi partout, une source de motivation et d’inspiration. Vous l’avez compris, mon X100T est à vendre, une nouvelle aventure commence. Toujours avec un X100 car si je partage l’introduction de l’article de Jonas Rask, j’en partage aussi la conclusion : si je devais emporter un seul appareil sur une île déserte, ce serait un X100.

Des Apps pour votre iPad

Si, comme moi, votre iPad est en train de devenir votre ordinateur principal, cette vidéo de Christopher Lawley devrait être une grande source d’inspiration pour trouver les Apps qu’il vous faut. Il décrit également les nombreux Shortcuts qu’il a développés pour faire de son iPad un outil de travail plus productif (avec les liens pour les télécharger).

J’utilise une grande partie de ses Apps, certaines ne me sont pas utiles, mais j’en ai repéré une ou deux qui pourraient m’intéresser.

Copie ou inspiration ?

Start your own project because once you have a goal in mind and work towards it, you’ll feel a sense of joy and purpose. If you do your own master copy remake, have fun with it. Slowly incorporate the same geometry or dynamic symmetry that Henri Cartier-Bresson did. If you’re analyzing a master painter, make note of the design techniques they used and try to use them in your own work.

Excellent article de PetaPixel (Henri Cartier-Bresson Photos Reimagined as Satirical Paintings). Sous un titre racolleur, comme malheureusement assez souvent sur ce site, cet article est passionnant. L’art de la composition, de la géométrie mais surtout la différence entre copie et appropriation d’une œuvre pour se l’approprier et alimenter sa propre recherche de style.

Collection III by Sean Tucker

Sean Tucker n’est pas seulement le meilleur philosophe de la photographie, c’est avant tout un photographe de talent. Chaque année il publie une rétrospective des meilleurs images prises au cours des derniers mois. Un petit livre au format carré, sobre comme ses vidéos, tout en images, juste quelques mots, appelé simplement collection.

Ce matin, j’ai reçu le tome III (les deux premiers sont hélas épuisés). Les photos sont superbes et son style est une grande source d’inspiration pour moi.

J’adore cette idée de rétrospective et je pense que chaque photographe, a commencer par moi, devrait faire cela chaque année. Pour soi, parce que les images n’existent vraiment qu’une fois imprimées. Cela n’a pas besoin d’être un livre, juste une collection de tirages que l’on met dans une jolie boîte.

Lightroom et RAW Fujifilm

Il y a quelques semaines, à la surprise générale, Thomas Heaton, un photographe de paysage que vous vous devez d’avoir dans vos abonnements YouTube, annonçait son switch de Canon vers Fuji. Pour être tout à fait honnête, ce n’est pas vraiment un switch mais plutôt un complément à son équipement Canon qu’il compte utiliser pour ses sorties légères. C’était le cas pour sa récente expédition au Népal, un périple vidéo que je vous conseille vraiment (inclus rebondissements, désillusions mais superbes images malgré tout…)

Tout naturellement, en tant qu’utilisateur de Lightroom, Thomas s’est retrouvé confronté à cette question quasi existentielle du traitement des fichiers RAW Fuji avec l’outil d’Adobe. C’est LE grand sujet de tout Fujiste. En résumé, Lightroom serait incapable de rendre correctement les images issues de la technologie atypique du capteur Fuji.

Je vous laisse regarder la vidéo de Thomas dans laquelle il teste quatre solutions : Lightroom tel qu’il l’utilise lorsqu’il développe des fichiers Canon, Lightroom en utilisant les outils d’accentuation, Capture One et finalement Lightroom avec le plugin Irident X-Transformer.

Ses conclusions rejoignent ce que l’on peut généralement lire. Capture One surpasse Lightroom pour la qualité de ses outils de développement des RAW Fujifilm (et peut-être d’ailleurs pas seulement ceux de Fujifilm). Cependant, je partage aussi complètement son analyse sur la perception des écarts par le quidam qui verra la photo soit imprimée ou pire sur son écran (a fortiori si c’est un smartphone). Personne, sauf lorsqu’on est en train de développer dans le logiciel, ne regarde les images à 300%. Personne ne prend une loupe pour regarder la qualité d’un tirage. La qualité d’une photo se joue-t-elle dans ces détails ? Si ce sont ces détails qui font la différence et font basculer une photo dans la catégorie des photos ratées, c’est certainement qu’elle était déjà bien faible en matière de sujet, de composition et de vision du photographe.

Utiliser un outil qui apporte plaisir et confort est aussi un aspect important. En ce sens je rejoins parfaitement sa conclusion. Si vous êtes prêt à partir ou repartir de zéro, Capture One est certainement ce qui se fait de mieux (actuellement). Mais si, comme moi, vous avez des milliers de photos issues d’appareils différents, des habitudes avec Lightroom, rester avec Lightroom est certainement le plus raisonnable. C’est aussi la conclusion à laquelle j’étais arrivé il y a quelques semaines lorsque j’avais sérieusement envisagé de migrer vers capture One. Ce qui est certain par contre, c’est que je vais tester le plugin Irident X-Transformer. Thomas Heaton, une fois de plus a piqué ma curiosité.

Photo Sniper

J’ai toujours été un photographe parcimonieux. J’en ai parlé souvent ici, fier de mes sorties dont je rentrais avec moins de 20 images. J’ai toujours pensé que c’était une qualité, la marque des photographes qui savent ce qu’ils veulent obtenir et ne gaspillent pas leur temps à capturer au filet tout ce qui se présente. J’ai tout faux !

Joshua K. Jackson : capturer l’âme de la rue

Je suis un grand fan du travail du photographe londonien Joshua K. Jackson. Depuis quelques jours, Adobe met son travail en avant en lui dédiant une page entière, faisant au passage la promotion de ses solutions qui sont sensées tous nous transformer comme par magie en street photographer aussi talentueux que Joshua.

Je regarde de près le travail de Joshua K. Jackson depuis un moment avec ses comptes Instagram et Twitter très actifs. Il y publie quotidiennement des nouvelles photos, la plupart issues de sa séance nocturne de la veille. Car le secret de la qualité de ses photos, comme vous l’aurez compris, n’est pas le fruit des produits Adobe, ni même d’un talent inné qu’il aurait reçu comme un don. Non, le secret, il est bien connu : photographier, photographier, photographier. Passer des heures sur le terrain pour être là lorsque des opportunités se présentent bien sûr, mais aussi pour progresser. A ce titre je vous suggère de regarder la vidéo que Sean Tucker lui a consacré et vous comprendrez ce que veux dire passer beaucoup de temps sur le terrain (12:10). Pour Joshua, ce sont plusieurs soirées et nuits par semaine pour photographier. La voilà la clé !

Lien : Inspiration Journal – Patrick laROQUE

Lien vers l’article original.

Last year I wrote an article for Medium Format magazine, expanding on the concept of keeping an Inspiration Journal. There’s a post about it here as well so I won’t rehash the basic ideas behind it. What’s important to note is that I’ve kept it going and it’s become a very important part of how I ingest visual content.

Voilà une idée intéressante de Patrick Laroque, un photographe canadien dont j’apprécie particulière l’approche de la photographie et son blog.

Il a repris l’idée du journal quotidien, non pas sous une forme écrite comme on peut le faire pour noter ses pensées mais sous forme visuelle. Il utilise l’app DayOne pour collecter les photos qu’il trouve intéressantes dans le but de nourrir son inspiration. Un journal d’inspiration.

En fin d’année, il exporte ce look book au format PDF pour l’annoter, retrouver les raisons qui l’ont poussé à choisir telle ou telle image. L’objectif est d’appliquer ce que l’on découvre à sa propre pratique de la photographie.

Une idée à mûrir.

Wellcome

J’ai passé les premiers jours de janvier à Londres. J’adore cette ville et j’y retourne régulièrement toujours avec le même plaisir, un peu comme si elle faisait désormais partie de mon environnement. Lors de notre escapade précédente j’avais découvert la bien nommée Wellcome Collection, un musée un peu en dehors des sentiers touristiques habituels.

The free museum and library for the incurably curious.

Voilà, tout est dit. C’est une sorte de musée des curiosités, ou plutôt le musée de la curiosité, et gratuit. Le musée présente la collection de Sir Henry Wellcome (1853-1936), un collectionneur passionné par les objets de la Santé et de la Médecine. Cette collection permanente est plutôt étonnante, n’hésitez pas à profiter d’une visite guidée pour en découvrir les pépites. Le musée présente également plusieurs expositions temporaires. Il y a, entre autres en ce moment, une expositions sur le jeu (Play Well); pourquoi nous jouons et ce que cela peut signifier pour les enfants mais aussi en tant qu’adultes.

La Welcome Collection possède également une librairie, accessible moyennant inscription mais tout à côté, au premier étage, il y a une salle de lecture, la Reading Room qui est en accès libre. C’est un lieu qui vaut à lui seul le détour, son agencement ressemblant plus à un grand salon, avec fauteuils, tableaux, objets médicaux anciens et bien sûr livres et magazines mis à disposition. La photo de couverture de cet article en montre une partie, le grand escalier et ses coussins pour s’affaler avec une bonne lecture. Je ne connais pas de lieu similaire à Paris, s’il existe je veux bien qu’on me l’indique.

Au rez-de-chaussée, il y a le traditionnel coffeeshop que l’on trouve maintenant dans tous les bons musées du monde et une boutique. La boutique reste dans le thème de la curiosité, ce qui fait que l’on y trouve des articles et surtout beaucoup de livres sur des thématiques variées (médecine, développement personnel, arts, littérature). J’y ai trouvé trois livres (pour le prix de deux) que j’avais envie de lire depuis un moment :

  • Homo Deus de Yuval Noah Harari, la suite du génialissime Homo Sapiens, un des meilleurs livres que j’ai pu lire.
  • Thinking Fast and Slow de Daniel Kahneman, tout simplement par curiosité car ce livre apparaît régulièrement dans les recommandations des bons bouquins de productivité.
  • Middle England de Jonathan Coe (Le cœur de l’Angleterre en français), un auteur dont j’ai lu plusieurs romans et dont j’apprécie la description de la société anglaise dans toutes les époques. Ici, il dépeint la politique britannique des années 2010, comment elle a abouti au Brexit.

Trois livres qui vont me permettre d’améliorer mon anglais. Lecture et avis à suivre…

Digital Maximalist

Parmi les blogs que je lis régulièrement, j’apprécie particulièrement les articles de Yannick Schutz sur Vadrouilles. Je rebondis ici sur un de ses récents billets où il est question de la diète numérique, le digital minimalism. Il m’a donné envie de lire le livre de Cal Newport (Digital Minimalism), non seulement parce que le sujet m’intéresse mais aussi parce que j’avais adoré Deep Work du même auteur. J’espère y retrouver l’intelligence du propos, le pragmatisme et la justesse des conseils. Dans Deep Work, l’éloignement de la distraction digitale était déjà au cœur de Le méthode proposée.

Je ne sais pas si vous prêtez attention aux statistiques d’utilisation de vos appareils. Si vous êtes chez Apple, j’imagine que vous aviez jeté un coup d’œil intrigué à la sortie de la fonctionnalité Temps d’écran lorsqu’elle est apparue avec iOS 12. Passé le premier choc des chiffres que vous y avez lus, vous avez bien vite oublié ces statistiques et repris votre consommation numérique normale. Peut-être pas vous, mais moi, oui.

J’y retourne donc aujourd’hui pour voir à nouveau ces statistiques, tout en restant conscient que la situation ne s’est pas vraiment améliorée et qu’il va bien falloir faire quelque chose. Voici l’état des lieux sur une semaine assez classique, celle précédent les fêtes :