Mes données éparpillées

Si vous voyiez mon bureau au travail, vous diriez que je suis quelqu’un d’ordonné. Lorsque je le quitte le soir, il ne reste pratiquement rien dessus et même dans la journée, il n’y a jamais plus d’un ou deux dossiers ouverts. Je sais que cela donne l’impression de ne pas vraiment travailler, la norme est aux bureaux surchargés, signe d’une activité intense. En réalité, cet ordre apparent cache une organisation très perfectible : tout est rangé dans des dossiers dans les armoires et les tiroirs. Beaucoup de dossiers. Beaucoup trop certainement, car j’ai parfois du mal à savoir où sont les choses.

C’est exactement la même chose pour mes données personnelles, toutes les données numériques que je souhaite garder pour plus tard, soit parce que je les trouve intéressantes (liens web, adresses, livres), soit parce qu’il s’agit de contenu que j’ai moi-même créé (articles de blog, notes, listes de tâches). Tout semble organisé, j’ai de nombreux outils sur mes appareils pour gérer ces informations. Beaucoup d’outils. Beaucoup trop certainement, car j’ai parfois du mal à savoir où sont les choses.

Un nouvel eiffair

Si vous avez déjà posé vos yeux ici par le passé, vous avez sans doute remarqué que le site s’est fait de nouveaux habits, de nouvelles couleurs et même un nouveau logo. Il a également subi un grand nettoyage, avec pas mal de rubriques qui ont disparu.

J’explique tout cela dans mon dernier épisode du podcast, le n°6 de l’air de rien (…d’ailleurs c’est un indice, le site aussi arbore ce slogan).

Qu’en pensez-vous ?

Bruxelles, moment 3 : L’Atomium

Cet article fait partie d’une série, Bruxelles en 3 moments. Trois articles sur trois lieux très différents de Bruxelles. Trois explorations photographiques, rapportées d’un long weekend à Bruxelles.

D’accord, vous avez l’impression que je vous arnaque. J’avais promis des endroits qui sortent des sentiers battus et nous voilà à la tour Eiffel de Bruxelles. Explications. Bien que figure symbolique de Bruxelles, voire de toute la Belgique, et site le plus visité du pays, les avis des visiteurs de l’Atomium restent mitigés (il n’est que le 6e site préféré de Bruxelles sur TripAdvisor). J’avais donc envie de me faire ma propre opinion.

Bruxelles, moment #2 : Kumiko izakaya

Cet article fait partie d’une série, Bruxelles en 3 moments. Trois articles sur trois lieux très différents de Bruxelles. Trois explorations photographiques, rapportées d’un long weekend à Bruxelles.

Doit-on se nourrir exclusivement de paëlla à Barcelone, de burgers à LA ou de nems à Hanoï ? À Bruxelles, vous pouvez opter pour la cuisine locale, au  » C’est Bon c’est Belge » par exemple. Mais pourquoi ne pas tenter des gyozas ? Direction le Kumiko avec une promesse : vous faire découvrir les meilleurs de la ville. Le Kumiko est ce que l’on appelle au Japon un izakaya, un établissement qui se rapproche du pub anglais. C’est un bar dans lequel on peut commander quelques plats que l’on partage autour d’une bière. En cela, le kumiko respecte parfaitement la formule.

Bruxelles, moment #1 : La Brasserie Cantillon

Cet article fait partie d’une série, Bruxelles en 3 moments. Trois articles sur trois lieux très différents de Bruxelles. Trois explorations photographiques, rapportées d’un long weekend à Bruxelles.

Pour ce premier moment, je vous emmène à la brasserie Cantillon.

La brasserie Cantillon est une brasserie familiale établie à Bruxelles (Anderlecht pour être précis) depuis 1900. C’est la seule brasserie de la province de Bruxelles qui produit du lambic, une bière qui n’existe que dans une dizaine de brasseries au monde, toutes en Belgique évidemment. Car le lambic est né ici, sur les rives de la Senne, une rivière qui coule au sud de Bruxelles.

Bruxelles en trois moments

Vendredi, 21 heures. Nous quittons l’agitation frénétique de la Gare du Nord pour embarquer dans l’atmosphère feutrée du Thalys. Deux heures plus tard, une autre atmosphère tout aussi feutrée, mais bien plus accueillante : le Poechenellekelder. Une Moinette m’invite de sa robe dorée à la première gorgée de bière.

Paris-Bruxelles est un saut de puce et pourtant, le dépaysement est là. Bruxelles, c’est un peu Londres dont les habitants seraient des Irlandais francophones. Oui, Londres, car l’architecture et l’atmosphère de la ville me paraissent semblables. Et puis, on y retrouve ce sens de l’accueil, la gentillesse et la proximité qui m’avaient tant plu en Irlande, l’avantage de la langue française en plus.

Pas d’excuses

Je n’ose pas regarder combien d’articles j’ai publiés en 2017. Je pense que c’est moins de cinq. Un peu comme un écolier qui arrive avec son mot d’excuse, j’ai essayé de faire la liste des miennes :

  • J’ai manqué d’inspiration, je n’avais rien à dire ou du moins j’ai pensé que ce que j’avais à dire n’avait pas d’intérêt.
  • Je me suis dispersé, j’ai lancé le podcast et cela a substantiellement entamé mon capital de production.
  • J’ai manqué de courage, j’ai préféré faire des choses qui me paraissaient plus amusantes sur le moment, mais qui étaient tellement futiles qu’elles ne m’ont pas apporté autant que la satisfaction d’avoir créé quelque chose.
  • j’ai commencé des brouillons que je n’ai pas finis, un peu pour toutes les raisons que je viens d’énoncer et souvent parce que les premières idées que je trouvais intéressantes m’apparaissaient dérisoires quelques jours plus tard.
  • Je me suis concentré sur les outils pour être plus productif, au lieu de concentrer mon temps sur l’écriture.
  • J’ai moins photographié, réduisant du même coup la matière première principale de mes articles.

La litanie pourrait s’allonger encore, je pourrais trouver mille autres raisons. La raison profonde, je suis en train de la découvrir dans ma lecture du moment, Deep Work de Cal Newport.

Je me suis complètement trompé d’objectif.

Je me suis attaché à chercher tous les moyens pour être plus productif. Je me suis concentré sur les outils et les méthodes pour trouver plus de temps. En réalité, ce n’était pas la bonne démarche. La priorité n’est pas d’être plus productif. La priorité est de créer : trouver ce qui permet d’être inspiré et créatif. La productivité n’est pas la source de la création, c’est tout l’inverse : l’inspiration et tout ce qui permet de se trouver dans un état d’esprit créatif permettent de concrètement faire des choses. Une fois cela établi, il n’y a plus de problème de productivité, elle suit naturellement, automatiquement.

Je pense revenir en détail sur ce livre dans un prochain épisode de podcast car c’est certainement l’un des meilleurs livres que j’ai pu lire sur le sujet de l’organisation personnelle. Il pose clairement les enjeux et identifie les freins à la créativité. Même s’il adresse principalement l’environnement professionnel, les concepts et les règles qu’il propose donnent des clés qui peuvent parfaitement s’adapter aux activités personnelles, loisirs et passions. Il m’a surtout ouvert les yeux sur le fait que le concept de productivité, omniprésent jusque dans la sphère personnelle, est une adaptation erronée de la productivité industrielle. Alors que la productivité industrielle vise à l’efficacité maximale, lorsqu’il s’agit de créer quelque chose avec son cerveau ou son coeur, cela n’a aucun sens. Il ne s’agit pas d’instaurer un rapport entre le temps passé et la qualité du travail produit. Ainsi, rechercher des astuces de productivité pour avancer dans ses passions personnelles (écrire, bloguer, photographier, dessiner, faire de la musique, ou même du sport, etc.) nous ramènera toujours à l’insatisfaction, parce qu’on se concentre sur le comment au lieu du quoi, parce qu’on finit toujours par penser qu’on n’a pas les bons outils ou les bonnes méthodes. La solution est simple : FAIRE et c’est à cela que s’attache Deep Work, comment être suffisamment concentré sur ce que l’on veut faire et s’immerger totalement pour avancer.

Je vais essayer d’appliquer ces conseils, ne plus chercher d’excuse et ainsi espérer que ce livre est le dernier que j’aurais lu sur l’efficacité personnelle.

Passage du Grand Cerf

Pendant longtemps, le passage du Grand Cerf n’a été qu’un passage. C’était simplement un lieu qui permettait de relier le bouillonnant et très tendance quartier Montorgueil à la mal-aimée rue Saint-Denis. C’était pratique, mais le lieu déserté masquait la beauté de ce passage.

Magique et Magnifique

Je vois très précisément l’endroit. C’est à Santorin, sur une petite route de bitume blanc qui longe la côte Est de l’île. Le soleil écrase tout, la chaleur est agréablement agitée par le vent. La mer n’est pas très loin et pourtant nous ne la voyons pas, masquée par un buisson de végétation rachitique. Ces arbustes qui poussent sur la pierre, défiant l’idée de la possibilité d’une vie. Le ciel limpide est barré par une ligne électrique rythmée par de fin poteaux de bois, seuls signes de la présence humaine qui a préféré s’agglutiner dans les ruelles d’Oïa.

Et pourtant je n’y suis pas. Je suis dans le train de banlieue qui me mène à Gare du Nord. Terminus du train.

Il aura fallu une seconde de parfum caressant mes narines pour me retrouver aux Cyclades. Le pouvoir incroyable des odeurs, qu’on n’avait même pas remarquées alors, et qui chavirent l’esprit quand elles ressurgissent à l’improviste. Pourquoi ce parfum ? Pourquoi maintenant ? Quel est-il ? Je n’en sais vraiment rien.

J’aime simplement ce qu’il m’offre, ce voyage éphémère, magique et magnifique.

Que reste-t-il de Naples ? (2/2)

Si vous avez manqué la première partie, c’est par ici. Après un retour dans ma bibliothèque Lightroom pour me replonger dans mes images, refaire une sélection et les développer à nouveau, je vous les propose maintenant dans ce deuxième article avec un retour sur mes impressions presque trois ans après mon voyage.

En revoyant ces photos, les sensations surgissent presque immédiatement. Le soleil d’avril qui brille aujourd’hui m’aide à m’imaginer là-bas, sous la torpeur du mois d’août. Je revois notre arrivée dans le centre-ville, en bus depuis l’aéroport, m’imaginant encore dans la banlieue alors que nous arrivions en plein centre historique de la ville. Oui, Naples est tout d’abord un choc. C’est une première impression pas vraiment positive, le sentiment d’une ville laissée à l’abandon, avec ses ordures visibles partout. Il faut bien le dire, c’est la saleté qui vous frappe en premier.

Nous, Européens du nord, sommes habitués aux environnements sagement contrôlés où le moindre papier est traqué, les murs des monuments blanchis, la voiture bannie. Nos villes se transforment en musée au prix d’une certaine déshumanisation par la volonté zélée de quelques politiciens qui pensent que sa population l’en remerciera quand même. Naples est à l’extrême opposé de cette démarche. Il faut être honnête, ce n’est pas une recherche volontaire de la conservation de l’authenticité : le manque de moyens est évidemment la cause. Un autre phénomène amplifie cette impression. Partout, dans le centre historique, il y a des travaux de rénovation. Ces travaux ont commencé dans les années 2000 à la suite de l’opération « mains propres » qui visait à redonner à la ville sa stature, sa splendeur et surtout son autonomie vis-à-vis de la mafia.

Passé le cap de cette première impression, on se rend compte assez vite que la ville regorge de trésors. Au coin de chaque rue, des églises qui, si elles semblent délabrées à l’extérieur, dégoulinent de dorures à l’intérieur. C’est un contraste saisissant, témoin de la ferveur religieuse de ses habitants. Une image résume assez bien cette impression décalée :

Les trésors de Naples se dévoilent au fil des déambulations dans la ville rouge. Le musée archéologique est une splendeur. On y trouve en particulier une partie des objets et mosaïques extraits des fouilles de Pompéi. Et puis il y a la mer, omniprésente. Les petits ports de pêche au pied du centre-ville, la plage prise d’assaut par les Napolitains le dimanche après-midi et surtout la baie. Il suffit de monter à la forteresse Sant’Elmo pour admirer l’un des plus beaux golfes du monde, le Vésuve et Capri en ligne d’horizon.

Après deux ou trois jours, on prend en pleine face la véritable nature de la ville. On se rend compte que l’on avait tout faux. Cette ville que l’on croit à l’abandon et miséreuse possède une véritable richesse : ses habitants. On peut visiter certaines grandes capitales sans jamais vraiment rencontrer ceux qui la font vivre. À Naples c’est l’inverse : Naples n’est pas une ville musée, c’est une ville qui vit au travers de ces habitants, qui la chérissent ou la maltraitent, mais qui en sont le principal acteur et le meilleur atout.

Je ne sais pas si c’est l’étroitesse des rues, la chaleur ou tout simplement un art de vivre, mais à Naples tout se passe dans la rue. Les habitants se sont approprié l’espace. Dans la journée, ils vivent en bas de chez eux. Il y a les marchés, parfois improvisés sur un étal branlant. Il y a les présentoirs des magasins qui débordent sur la rue. Il y a surtout les familles, qui sortent les chaises sur le pavé et passent un moment à discuter ensemble, avec leurs voisins ou les passants. On a l’impression que tout le monde se connait et que Naples n’est qu’un grand village. On retrouve cette même ambiance, le dimanche sur le bord de mer, dans les transports en commun, mais aussi les restaurants, souvent tenus en famille. C’est d’ailleurs peut-être le secret de la délicieuse cuisine napolitaine, une cuisine familiale qui m’a donné l’occasion de déguster les meilleures pizzas de ma vie.

Oui, si je devais retenir une seule chose de Naples, c’est cette atmosphère unique de ville du sud, ce grand village où les richesses historiques semblent bien moins importantes que la convivialité et le bonheur de vivre ensemble.

Les photos qui suivent sont un extrait assez hétéroclite, mais qui, je le pense, reflète assez bien la diversité de la ville. Après quelques jours à Naples, nous avons poursuivi notre escapade vers les autres sites remarquables de la baie et au-delà : Herculanum, Capri, Pompéi, Sorrente et Positano.