Auto-journal

Écrire trois fois par semaine : c’est l’objectif que je me suis fixé depuis plusieurs mois déjà. Pour l’instant, j’ai du mal à tenir la durée, mais un regain de motivation en ce début d’année me fait encore y croire. En me fixant cet objectif, j’ai surtout voulu relancer ou lancer une habitude qui me permet d’écrire plus d’articles.

Pour le moment, l’écriture se passe essentiellement ici, sur mon journal. Ce n’est pas réellement écrire des articles mais c’est déjà écrire. Cela me permet de dénouer les muscles de l’écriture. Ne serait-ce qu’essayer de former des phrases entières, à la syntaxe correcte, avec un sens compréhensible qui véhicule du contenu. Ce sera déjà bien.

Et ce muscle d’écriture, à force de l’entraîner devrait se développer. Tout devrait devenir plus automatique, moins douloureux aussi. Je devrais être capable d’écrire plus, plus longtemps et avec plus de force. Par force, j’entends qualité de la production.

Écrire régulièrement, devrait aussi faire émerger des idées. Écrire, c’est penser. Cela devrait alimenter ma liste de sujets pour de futurs articles.

En attendant, je fais de la métaécriture. Une écriture qui consiste à écrire sur l’écriture. Ce n’est pas la plus productive des écritures car elle ne porte pas beaucoup de nouveau sens. C’est une introspection. Elle permet simplement d’aligner les phrases, former des idées, les exprimer. Et ça, c’est déjà le début de l’écriture. Bien sûr, il faudra passer à l’étape suivante. Écrire sur d’autres sujets, mais il ne faut pas être trop pressé. J’imagine que cela viendra naturellement.

Ces quelques lignes sont un bon exemple de la force génératrice de l’écriture automatique. Elles m’ont donné une idée d’article ou de sujet à écrire : la métaproduction. J’entends par métaproduction l’écriture sur un sujet qui est à la fois l’objet et le moyen. Par exemple, écrire sur l’écriture. C’est un phénomène que l’on voit régulièrement sur les blogs (une grande tentation pour les blogueurs, c’est si facile) : écrire sur comment bloguer. Cela fonctionne aussi avec « faire un podcast sur comment faire un podcast » ou une vidéo « comment faire une vidéo YouTube ». J’ai pratiqué trop souvent ce type d’articles un peu faciles. C’est souvent un signe de manque d’expérience et d’inspiration. En tout cas c’est la voix de la facilité, d’une certaine forme de fainéantise et même d’un manque de courage.

Oui du courage. Car écrire sur des sujets qui vous engagent plus en demande. Sortir des sentiers battus et rebattus du blogging, c’est le signe que l’on renonce à la facilité. J’aimerais pouvoir en être capable.

En attendant, ce que j’ai écrit ce matin dans mon journal reste de la métaécriture, un auto-journal.

Et un article facile. Mais dois-je le publier ?

Le ressort

J’ai ouvert Omnifocus, tag « Ecrire », là où je mets mes idées d’articles. Aucune n’est compatible avec mon niveau d’énergie. J’ai ouvert Ulysses, j’ai regardé les brouillons. Rien d’inspirant. J’ai tout effacé. Je suis devant la page blanche et rien ne vient. Le café qui m’accompagne (un délicat rwandais de chez Kawa) n’y fait rien. Il rend le moment agréable mais ne parvient pas à jouer le carburant de mon inspiration. L’inspiration, l’envie. Qu’est-ce qui nous fait faire les choses ? Pourquoi certaines journées avons-nous envie de lancer mille chantiers et d’autres se déroulent-ils dans une apathie pathétique ? J’ai cherché. J’ai lu : le niveau d’énergie, la procrastination, l’environnement, les outils, l’attitude positive, la disponibilité d’esprit. Tout cela je connais mais quoi que disent tous ces livres, il n’y a jamais la clé pour trouver son propre ressort. Sur quelle magique manette faut-il appuyer pour trouver l’envie et l’inspiration ? Je continue de croire qu’elle existe, même si elle n’est pas magique, mais que je n’ai pas encore trouvé celle qui fonctionne pour moi.

Il suffit de regarder ce blog, laissé en jachère pendant deux ans. Je décide de le mettre à jour en décembre dernier et là les articles s’enchaînent. Je n’ai jamais autant écrit, jamais autant eu d’idées. Et puis je sens depuis quelques jours que quelque chose a changé. Les articles se font plus rares, je n’ai plus envie.

Avec la reprise du travail et les préoccupations qui vont avec, je me rends bien compte que mon esprit est moins disponible. C’est peut-être cela mon ressort, rendre mon esprit disponible. C’est pareil pour la photo, ça ne marche que sous certaines conditions, très précises et souvent fugaces. En dehors de ces conditions, l’appareil reste sur l’étagère mais lorsque tout est activé, je suis une autre personne. Plein de passion.

Un jour je saurai comment jouer avec ces aléas et faire marcher le ressort. Peut-être pas l’activer à volonté mais au moins créer les conditions pour que ça se produise. Ma quête se poursuit.

Passion café

Je fais partie de cette génération d’enfants élevés au café filtre. Dans les années 70, l’invention de la cafetière électrique m’a fait échapper à la boisson que mes parents connaissaient, la mélange de café et chicorée que leur préparaient mes grands parents, seule boisson abordable et disponible aux années d’après guerre.

Cette habitude m’a poursuivi très tardivement. Impossible pour moi de boire un expresso dans un café sans faire une grimace, mon palais agressé par une vague d’amertume. Mon histoire avec le café ne s’est pas arrêtée là. En réalité, ma consommation a suivi les évolutions du marché, une consommation qui a été profondément bouleversée en France et dans le monde depuis les 50 dernières années. On décrit cette évolution en termes de vagues et l’air de rien, nous avons déjà allègrement passé la troisième.

Le café à la conquête du monde

Lorsque le café est arrivé en Europe au début du XVIIe siècle, il a connu rapidement le succès. En 1675, il y avait déjà 300 maisons de café à Londres. Paris a suivi avec l’ouverture du premier café dans les années 1680 alors que la boisson envahissait le reste du monde. Au cours des deux siècles suivants, le café est devenu la boisson préférée dans toute l’Europe mais aussi aux États Unis. Une véritable industrie était née car jusque dans les années 1970, le café était considéré comme un produit industriel.

Il fallait fournir d’énormes quantités, peu importait la qualité. Ne vous y trompez pas, El Gringo de nos publicités Nescafé n’y connaissait rien en café, seulement en négociation de prix. On appelle cette longue période la première vague, celle du café qui a conquis le monde, le café de commodité. Commodité dans le sens produit de base comme l’eau ou l’électricité. Ce café de commodité, c’est encore celui qui représente la quasi totalité de la consommation mondiale. C’est le paquet que vous trouvez au supermarché, l’expresso que vous buvez au bar du coin. Vous vous souvenez, celui qui me faisait grimacer quand j’étais adolescent, que j’ai fini par apprécier par habitude et que j’évite quand je le peux maintenant.

Deuxième vague

Elle prend naissance aux États-Unis et peut même être datée. En 1966, Alfred Peet, un immigré néérlandais ouvre un magasin à Berkeley où il vendait de petits lots de café torréfiés à la manière des pays nordiques européens (une torréfaction plus légère). Parmi ces clients impressionnés par la qualité de ses cafés 3 étudiants de San Francisco (Jerry Baldwin, Zev Siegl et Gordon Bowker) décident d’ouvrir leur propre magasin à Seattle avec des grains de haute qualité et des équipements de torréfaction, ils l’ont appelé Starbucks Coffee, Tea and Spices. Oui Starbucks. C’est à cette époque que l’on a commencé à proposer des cafés mentionnant le pays d’origine et favorisant la qualité. Ces nouveaux acteurs ont également travaillé sur l’expérience de consommation du café en proposant de nouvelles recettes (mixant l’expresso avec du lait ou des sirops) mais aussi de nouveaux lieux pour une nouvelle expérience : les coffee-shops. Le marché du café de commodité a naturellement tenté de profiter de cette deuxième vague en proposant de nouveaux produits plus qualitatifs, ou présentés comme tels, les dosettes puis les capsules. Je suis aussi passé par cette phase, abandonnant la cafetière filtre pour une Senseo puis Nespresso. Sans le savoir, j’étais prêt pour la troisième vague.

A la recherche du sac parfait

Je suis fier de moi. Je n’ai pas acheté de matériel photo depuis près de trois ans. J’ai l’impression d’avoir fait un grand pas vers la raison d’être du photographe, la sagesse qui place l’image avant le matériel. Ne nous emballons pas, tout n’est pas encore gagné.

D’ailleurs, il y a un équipement pour lequel le syndrome G.A.S (Gear Acquisition Syndrome) est toujours bien actif, ce sont les sacs photo. Je devrais même étendre à toutes les catégories de sac. Sac photo, sac pour tous les jours, sac pour le voyage, sac pour les sorties, sac pour travailler… Le nombre de catégories ne me facilite pas la tâche lorsqu’il s’agit d’en renouveler un (ou plutôt d’en ajouter un à ma collection). J’essaie de trouver l’arme ultime, le sac que je pourrai sortir en toutes occasions et qui m’accompagnera plusieurs années. Après avoir testé une bonne dizaine de modèles, je dois avouer que je commence à douter qu’il existe quelque part.

Mes outils pour bloguer

Bloguer

Je maintiens une liste des articles à écrire, un jour. Celui que vous lisez actuellement est dans cette liste depuis des mois, des années peut-être. Parce que j’envisage d’améliorer ma façon de procéder, il m’a semblé que mettre à plat mon fonctionnement actuel allait m’aider à y voir plus clair. Un peu égoïste, je l’avoue, mais vous êtes quand même les bienvenus pour continuer la lecture.

La panne

Un mois sans article. Pas une phrase, pas un mot. La panne. J’en vois déjà qui nient mais je le sais : ça arrive à tout le monde hein ? Ce n’est même pas un manque d’inspiration, les idées d’articles s’accumulent au gré de mes lectures ou de mes échanges sur twitter. Il arrive simplement que l’on ait juste perdu l’envie d’écrire. Car écrire même un blog sans aucune prétention littéraire fonctionne avec les mêmes ressorts que tous les autres types d’écritures dits « plus nobles ». Cela implique d’être en condition de motivation et d’envie…